Nadia Chahed
25 Mars 2020•Mise à jour: 27 Mars 2020
AA/Tunis
L’évolution de la contamination au covid-19 est préoccupante en RDC. L’INRB (Institut National de Recherche Biomédicale) dirigée par le Prof Muyembe manque drastiquement de moyens, malgré l’aide financière accordée par la Banque Mondiale, c'est ce qui ressort d'un article du Docteur Antoine Samsoni, publié par le quotidien belge "La libre".
L’INRB estime que parallèlement aux dizaines de cas qui ont déjà été testés positivement, ce sont aujourd’hui plus d’un millier de porteurs du virus qui circulent en permanence à Kinshasa, entassés à 5 dans de minuscules taxis ou à 25 dans des petites camionnettes-taxi, pour se rendre à leur travail, note le spécialiste.
Et d'ajouter que les nombreux marchés locaux sont également bondés, au point qu’on ne peut y circuler sans se bousculer pour y trouver passage.
Selon toutes les statistiques officielles publiées dans le monde, ce nombre de porteurs du virus va au minimum doubler environ tous les deux jours, note encore Samsoni.
Le Prof Muyembe, qui vient à peine d’éradiquer le virus Ebola en RDC, et qui organise la riposte nationale congolaise au covid-19, estime que le taux de mortalité des patients atteints du covid-19 atteindra 10%, soit davantage que le taux de mortalité malheureusement constaté en Italie actuellement, souligne encore le docteur Samsoni.
Le spécialiste estime en outre que même si le gouvernement congolais a bien recommandé des mesures de confinement, en copié-collé des mesures de confinement sanitaire appliquées en Europe et partout dans le monde, l’épidémie en RDC en général et à Kinshasa en particulier sera fulgurante et meurtrière d’ici quelques semaines.
Les experts sur place à Kinshasa s’accordent sur l’hypothèse probante d’un taux de contamination de 5% de la population, avec un taux de mortalité de 10%, ce qui laisse craindre 75.000 de décès rien qu’à Kinshasa, avec tous les troubles sociaux et économiques, et risques d’émeute et de pillages qui en découleraient, déplore encore Samsoni.
Il souligne, à ce propos, que les solutions de confinement qui sont actuellement proposées en RDC, en copie conforme de la réponse européenne à la contagion du covid-19, ne fonctionneront malheureusement pas suffisamment.
La majorité de la population vit sous le seuil de pauvreté, et a le réel besoin de circuler dans la ville durant la journée, ne fût-ce que pour rentrer le soir avec les quelques euros qui sont nécessaire pour nourrir sa famille au jour le jour, explique-t-il, relevant qu'aucun confinement ne pourra être appliqué économiquement, car cela reviendrait à condamner la plus grande partie de la population de Kinshasa à rester cloîtrée chez elle et mourir de faim, ce qui entraînerait des troubles que même l’armée congolaise n’arriverait pas à contrôler.