RDC : Au moins deux morts dans les marches anti-Kabila
- Le bilan dénombre aussi 47 blessés et plus de 100 arrestations sur l'ensemble du territoire congolaisLassaad Ben Ahmed
26 Février 2018•Mise à jour: 26 Février 2018
KinshasaAA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Au moins deux personnes ont été tuées, dimanche, en République démocratique du Congo (RDC), lors des marches catholiques contre le président Joseph Kabila en dépit de consignes officielles données aux forces de sécurité de ne pas tirer sur les manifestants, selon l’ONU.
Les deux personnes ont été tuées dans la capitale Kinshasa et à Mbandaka dans la province de l’Equateur (Ouest) d’après l’ONU, rapportant également dans un communiqué publié dimanche soir : 47 blessés et plus de 100 arrestations sur l'ensemble du territoire congolais.
La personne tuée à Kinshasa est un homme d'une trentaine d'années et militant d'un mouvement citoyen Anti-Kabila, atteint par balles dans une paroisse dans la commune de Lemba, a constaté le correspondant d'Anadolu.
"La Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies et cheffe de la Monusco appelle les autorités congolaises à mener des enquêtes crédibles sur ces incidents et à prendre les sanctions appropriées", souligne un communiqué de la mission onusienne e RDC (Monusco).
A l’origine de cette troisième mobilisation contre Kabila, le Comité laïc de coordination (CLC), Collectif catholique reconnu par l’épiscopat et le Saint-Siège, a fait état de trois morts dont deux dans la capitale Kinshasa et un à Mbandaka.
"Il n’y aura pas de répit pour le pouvoir en place, tant que nous n’aurons pas retrouvé notre dignité", ont déclaré les responsables de ce collectif dans un communiqué publié dimanche soir.
Initiées pour exiger du président Joseph Kabila une déclaration solennelle qu’il ne briguera pas un troisième mandat, ces manifestations ont été réprimées, dimanche, dans plusieurs villes congolaises par la police, tirant des balles réelles et et du gaz lacrymogènes.
A Kisangani, capitale de la province de Tshopo dans le Nord-est du pays, Trois prêtres ont été interpellés par les forces de l’ordre et deux manifestants ont été blessés par balles, selon l’Eglise.
A Lubumbashi dans le Sud-est, des fidèles catholiques ont été gazés par la police qui a interpellé plusieurs manifestants, selon la société civile.
A quelques minutes du début ( vers 07h GMT) de ces marches interdites, les autorités ont ordonné la coupure d’Internet et des messageries mobiles (SMS). La mesure a été levée dans la soirée, a constaté le correspondant d’Anadolu.
La chef de la mission onusienne en RDC, Leila Zerrougui a rappelé à toutes les parties prenantes de "faire preuve de retenue et ne pas recourir à la violence", selon le communiqué de dimanche soir.
Elle a appelé le pouvoir à "respecter les droits du peuple congolais à la liberté d’expression et au droit de manifester pacifiquement".
Grant pays au coeur de l'Afrique, la RDC est empêtrée dans une crise aggravée par le maintien au pouvoir du président Joseph Kabila conformément à une interprétation controversée de la Constitution qui l'enjoint de ne quitter le pouvoir qu'après l'investiture de son successeur "élu".
Des élections ( présidentielle, législatives nationales et provinciales) ont été programmées pour le 23 Décembre 2018.