Lassaad Ben Ahmed
26 Février 2018•Mise à jour: 26 Février 2018
AA / Bujumbura / Yvan Rukundo
Au moins trois personnes ont été tuées ce week-end dans différents endroits du Burundi dans la nuit de dimanche à lundi, selon un bilan établi par la police.
Approché par Anadolu, Pierre Nkurikiye, porte-parole de la police burundaise, évoque en premier lieu l’assassinat d’un militaire nommé Rénovat Ntungwanayo, au chef-lieu de la province Karusi, dans le centre du pays, à environ 130 km de Bujumbura, dimanche vers 20 h 30.
«Il a été tué par Séverin Masabire, un autre policier de l’unité de la protection civile, qui, après le forfait a profité de l’obscurité pour prendre le large, laissant sur place l’arme du crime», a-t-il précisé, indiquant que ce matin, l’assassin a été finalement appréhendé et se trouve dans les mains de la justice.
Toujours dans le centre du pays, à Mutoyi, province Gitega, à 120 km de la capitale burundaise, le porte-parole de la police signale que deux militaires ont tiré 15 balles sur un certain Evariste Ngezi.
«Il est mort sur le champ et les deux auteurs du crime ont été arrêtés et conduits au Parquet de la République pour un procès de fragrance», a-t-il ajouté, notant que ces assassins sont respectivement Janvier Ndabahagamye et Jonas Uwimbabazi.
A Bujumbura, poursuit-il, après une période d’accalmie dans les quartiers contestataires du nord de la capitale, une grenade a explosé, vers 21h30, sur la 15ème avenue de la zone Cibitoke, commune Ntahangwa, au nord de Bujumbura, à côté de la station d’essence nommé Kobil.
Bilan : trois blessés dont un pompiste selon la police burundaise qui ajoute que le suspect a été appréhendé. Un faux bilan, selon les habitants interrogés par Anadolu. « Il y a un enfant d’environ onze ans qui est mort sur le champ », confie un des habitants sur place.
Cette recrudescence de la criminalité intervient alors que le Conseil de sécurité des Nations-Unies va statuer, lundi, sur la situation au Burundi, à l’approche du référendum constitutionnel programmé pour mai prochain.
Et récemment, l’ONU a dénoncé un forcing qui entoure ce processus et la Fédération internationale des droits de l’Homme (Fidh) s’est dite inquiète par une campagne de terreur, de violences et de répression au Burundi, à l’approche de ce référendum constitutionnel.
Depuis fin avril 2015, le Burundi est secoué par une grave crise politique et sécuritaire, née de la décision du président Pierre Nkurunziza de briguer un troisième mandat présidentiel jugé illégal par l’opposition et la société civile.
Les violences générées par cette crise ont déjà fait plus d'un millier de morts et poussé plus de 420.000 personnes à fuir le pays, selon un rapport de l’agence de l’ONU pour les réfugiés (UNHCR) publié le 31 janvier 2018.