Lassaad Ben Ahmed
28 Novembre 2017•Mise à jour: 28 Novembre 2017
AA/Kinshasa /Pascal Mulegwa
Une trentaine de manifestants ont été arrêtés, mardi, dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), en marge des manifestations contre le calendrier électoral et le maintien au pouvoir du président Joseph Kabila, a indiqué à Anadolu le mouvement citoyen à l’origine de la mobilisation.
Le mouvement citoyen Lutte pour le changement (Lucha) basé à Goma, capitale de la province du Nord-Kivu (Est), a fait état de 29 manifestants arrêtés dans cette province frontalière avec le Rwanda et l’Ouganda.
A Goma, "22 manifestants ont été arrêtés par la police qui a tiré des bombes lacrymogènes sur des manifestants qui ne demandaient que le départ de Kabila", a déclaré Remy Mungweso, au nom de Lucha. Un manifestant a été blessé, selon ce mouvement qui se revendique "non violent" et "sans affiliation politique".
A Butembo, ville d’affaires dans le Nord de cette province, sept manifestants ont été également arrêtés lors de la marche, a-t-il ajouté. Jusqu’à midi, heure locale (- 2 GMT), la police refusait de communiquer sur ces arrestations.
Dans un communiqué rendu public lundi, la Lucha appelait à trois jours successifs de manifestation, à partir de mardi, pour faire partir Kabila (46 ans) du pouvoir "avant ou au plus tard" le 31 décembre de cette année.
La troisième journée de ces manifestations mettra à l’œuvre la principale coalition de l’Opposition (le Rassemblement) qui a appelé à une "mobilisation" pour pousser Kabila à se "retrancher de la vie des congolais", affirmait lundi à Anadolu Félix Tshisekedi, chef de cette coalition constituée depuis plus d’une année contre Kabila.
Craignant la "confrontation sur terrain" et d’éventuelles "violences", les autorités de Kinshasa, mégapole africaine de quelque douze millions d’habitants, ont interdit, toutes les manifestations publiques annoncées vers la fin du mois de novembre, dont celle projetée pour mardi par majorité présidentielle pour soutenir ce calendrier.
Mais l’Opposition et les mouvements citoyens ont maintenu le mot d’ordre. Ces deux composantes espèrent instaurer, dès la fin de 2017, une "courte transition citoyenne" qui conduirait à des élections "au plus tard" en Juin 2018.
Rejeté par l’Opposition et plusieurs mouvements de la société civile, ce calendrier électoral qui prévoit l’élection présidentielle le 23 décembre 2018, est soutenu par la communauté internationale. Un projet de loi électorale récemment soumis au Parlement par le gouvernement, devrait être adopté avant fin Novembre.