Lassaad Ben Ahmed
13 Janvier 2018•Mise à jour: 13 Janvier 2018
AA/Kananga/Pascal Mulegwa
Les autorités angolaises ont décidé samedi de rouvrir les frontières avec les provinces congolaises qui ont été le théâtre de violences ayant fait selon l’ONU pas moins de 5000 morts en une année, a appris le correspondant d’Anadolu.
L’annonce a été faite dans la ville de Kananga capitale de la province du Kasaï-central qui, avec le Kasaï (centre), Lualaba (Sud-est) et Kwango (Sud-ouest) partagent des frontières avec la province Angolaise de Lunda Norte.
"L'Angola est un pays d'accueil, nous ouvrons les frontières sur base du constat de l’amélioration de la situation sécuritaire dans la région du Kasaï", a déclaré à la presse le gouverneur de Lunda Norte, Ernesto Muangala au terme d’une réunion avec les gouverneurs du Kasaï-central, Lualaba, Kasaï et Kwango.
L’Angola avait décidé en Avril dernier de fermer ses frontières suite à des violences qui secouaient la région du Kasaï, centre de la RDC. Ces violences étaient à la base des tensions transfrontalières, selon les autorités angolaises.
Muangala a souligné la nécessité de veiller sur les frontières rouvertes car le "refoulement des immigrés clandestins coûte cher à mon pays".
Il a insisté que des immigrés congolais en situation irrégulière sont refoulés chaque jour en Angola depuis plusieurs mois.
Dans un communiqué conjoint émis à la suite de cette réunion et consulté par Anadolu, les deux parties ont convenu de l'organisation des patrouilles mixtes des forces de sécurité de deux pays le long de la frontière.
Le texte évoque également la question des réfugiés. Leur rapatriement doit débuter en mars prochain après une visite des autorités congolaises prévue en février dans les camps installés en Angola.
Située à plus de 600 Kilomètres au Nord de la capitale Luanda, Lunda Norte a accueilli quelque 30 000 congolais qui ont fui des violences dans la région du Kasaï entre fin 2016 et mi – 2017.
Impliquant miliciens, soldats et policiers, ces violences meurtrières qui avaient été déclenchées après que la police a tué un chef tribal influent (Kamwina Nsapu) ont poussé 1,4 million de personnes au déplacement interne selon l’ONU qui a dernièrement jugé "inquiétante" la situation sécuritaire.