Esma Ben Said
14 Novembre 2017•Mise à jour: 15 Novembre 2017
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
Le chef de la police de Kinshasa, général Sylvano Kasongo a prévenu mardi dans une déclaration à Anadolu, que les manifestations annoncées pour mercredi par des mouvements de la société civile pour contester le calendrier électoral récemment publié, seront réprimées "sans pitié" dans la capitale congolaise.
Mardi matin, la mission onusienne en RDC (MONUSCO) a, par voie d’un communiqué, appelé les autorités congolaises à "respecter les libertés fondamentales, telles que stipulées dans la constitution congolaise, dont la liberté de réunion et de manifestation, et à instruire les forces de défense et de sécurité à respecter les principes de nécessité, proportionnalité et légalité, conformément aux normes internationales".
"Le gouverneur (de Kinshasa) nous a donné l’ordre de disperser toutes ces manifestations de demain et ça sera sans pitié" a déclaré à Anadolu le général
Sylvano Kasongo précisant que tout attroupement de plus de 5 personnes sera dispersé par la police.
"La RDC ne dépend pas de la Monusco. La RDC est un pays souverain. La Police dépend des autorités politico-administratives et non de la Monusco, nous respectons les ordres du Gouverneur" a ajouté le général affirmant que la manifestation n’a pas été autorisée par les autorités locales.
"Nous n’avons pas à informer ces autorités, car nous ne les reconnaissons plus en tant que telles; nous leur demandons de partir dès demain" a réagi auprès
de Anadolu Félix Musikya, un communicateur de Lutte pour le changement (Lucha), le principal mouvement citoyen congolais, faisant partie des organisateurs de la manifestation.
Prévue sur tout le territoire de la RDC, cette manifestation est également interdite à Goma, capitale de la province du Nord-Kivu (Est) où le chef local de la police, le général Placide Nyembo, a prévenu lors d’une parade policière lundi que les forces de l’ordre vont "arrêter tous ceux qui vont tenter de troubler l’ordre public", à l’appel des "inciviques".
La même mesure a été prise pour la ville de Kananga, capitale de la province du Kasaï-central (centre du pays) où dans une correspondance consultée mardi par Anadolu, le maire de cette ville interdit la tenue des "telles activités", dans cette région étant encore considérée "zone opérationnelle" de l’armée.
Le chef du "Rassemblement" , la principale coalition de l’Opposition Félix Tshisekedi a quant à lui au cours d’une conférence de presse mardi à Kinshasa soutenu cette activité et projeté une "grande marche pacifique mais ferme" et "déterminée" à faire partir Kabila, qu’il a qualifié de "dictateur".