Esma Ben Said
08 Novembre 2017•Mise à jour: 08 Novembre 2017
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
Quelque 94 enfants congolais ont durant les deux dernières semaines, été victimes de « graves » violations de leurs droits fondamentaux dans la région du Kasaï (centre) et l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), a révélé mercredi un rapport établi par l’ONU.
« Durant les deux dernières semaines, 94 enfants (74 garçons et 20 filles) ont été victimes de violations graves de leurs droits fondamentaux dans les provinces des Kasaï et dans l’est du pays », a déclaré au cours d’une conférence à Kinshasa Florence Marchal, la porte-parole de la MONUSCO (Mission onusienne en RDC) citant des rapports de la section Protection de l’enfant de cette mission.
Le rapport hebdomadaire présenté attribue ces violations à « des agents des services de défense et de sécurité », à la milice Kamwina Nsapu au Kasai et dans l’Est aux groupes armés Maï-Maï Mazembe, NDC Rénové, FDLR, Raia Mutomboki, Maï Maï Yakuntumba, Maï-Maï Charles, les rebelles ougandais ADF, APCLS, Nyatura, FRPI, Pareco et Mailaka, détaille le rapport.
Les autres violations « graves » des droits de l’enfant concernent les violences sexuelles (13 filles victimes), meurtres (7 garçons), mutilations (4 garçons), enlèvements (huit garçons et cinq filles victimes), attaques contre 8 écoles et un centre hospitalier.
La milice Kamwina Nsapu, portant le titre et surnom d’un chef tribal abattu par la police congolaise en Aout 2016 dans la région du Kasaï, a commis la majorité de ces violations (37), alors que le groupe Maï-Maï Mazembe actif dans la province du Nord-Kivu a commis 23 violations, selon le même rapport.
Plus de la moitié des violations commises contre les enfants sont des cas de recrutement et d’utilisation commis par les groupes armés et la milice Kamwina Nsapu, qui aurait recruté et utilisé au moins 269 enfants dans ses rangs durant le premier semestre de 2017 dans la région du Kasaï, renseigne le même rapport.
Ces violations sont régulièrement dénoncées par les Organisations humanitaires dans l’Est de la RDC, région déchirée depuis plus de deux décennies par l’activisme des groupes armés nationaux et rebellions étrangères.
La région du Kasaï qui était jusqu’en Aout 2016, un havre de paix, a basculé dans des violences sanglantes impliquant des miliciens de Kamwina Nsapu, soldats et policiers - faisant en une année pas moins de 5 000 morts selon l’ONU, alors que Kinshasa parle de 1300 morts.
Le Fonds de l'ONU pour l'enfance (Unicef) avait, en Juin dernier, indiqué que plus de 150.000 enfants sont privés ou ont un accès « réduit » à l’école en raison de ces violences au Kasaï.