Lassaad Ben Ahmed
22 Janvier 2018•Mise à jour: 22 Janvier 2018
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Le bilan des marches anti-Kabila, dimanche, a été revu à la hausse. Après un premier bilan de cinq morts, l’Eglise catholique a fait état, lundi, de 6 morts et 210 arrestations parmi les fidèles qui ont manifesté.
A Kinshasa, 13 paroisses ont été perturbées par des gaz lacrymogènes et des tirs de balles réelles, six personnes ont été tuées dont une aspirante à la vie religieuse, indique une note technique publiée, lundi, par la nonciature catholique à Kinshasa.
Treize personnes ont été blessées dont un prêtre, au moins 147 personnes dont au moins 3 prêtres ont été arrêtées, souligne le texte.
Des arrestations et des dispersions de messes ont également eu lieu dans la ville de Kisangani (Nord-est), Goma et Bukavu (Est), Lubumbashi (Sud-est) et Mbandaka (Ouest).
Le même bilan a été livré par la mission onusienne en RDC (Monusco) dont les observateurs ont été "menacés" et "molestés", selon sa porte-parole Florence Marchal.
Le porte-parole de la police congolaise a, dans un communiqué, fait état de deux morts ainsi que neuf policiers blessés.
Les catholiques ont marché, dimanche, à l'initiative du Comité laïc de coordination (CLC) reconnu par l'épiscopat et le Vatican.
Cette structure exige du président Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001, un engagement solennel à ne pas se présenter pour un nouveau mandat et libérer les prisonniers politiques.
Depuis la capitale du Pérou (Lima) dimanche, le pape François a appelé les autorités congolaises à éviter "toute forme de violence" et chercher des solutions "en faveur du bien commun".
La dispersion de précédentes manifestations interdites avait fait six morts dont cinq à Kinshasa et 1 dans la région du Kasai (Centre), selon l'ONU.
Les autorités avaient nié ce bilan, indiquant qu'aucune personne liée à la manifestation n'est morte.
Par ailleurs, "La majorité présidentielle dénonce la marche du 21 Janvier comme une initiative vaine et vaniteuse", a déclaré Alain Atundu porte-parole de la coalition au pouvoir, en marge d'une conférence de presse, tenue lundi à Kinshasa. "Les catholiques dans l'ensemble n'ont pas suivi cet égarement démocratique, ni la population, d'ailleurs", a ajouté Atundu.
L'archevêque de Kinshasa, le cardinal Laurent Monsengwo avait dénoncé, pour sa part, une "barbarie", appelant les "médiocres à dégager" du pouvoir pour que "règne la paix" en RDC.