Nadia Chahed
14 Août 2017•Mise à jour: 14 Août 2017
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
Quelques 2,8 millions de personnes sont en situation de "grave crise alimentaire" dans le centre de la République démocratique du Congo (RDC) ravagé par des violences meurtrières depuis une année, a indiqué le Bureau de Coordination des Affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) dans un rapport publié, lundi, à Kinshasa.
Ces personnes vivant dans les provinces du Kasaï, du Kasaï-central, du Kasaï-Oriental, de Lomami et de Sankuru sont également, en manque de "moyens d’existence aigüe" ce qui représente une augmentation de 600%, a fait remarquer le rapport entre Juin 2016 et 2007.
Il s’agit de près d’1,8 million de personnes en "crise alimentaire" et environ 1 million de personnes en "urgence alimentaire" indique le même document, précisant que la région du Kasaï à elle seule compte 36% des 7,7 millions de personnes en insécurité alimentaire en RDC.
Conflits armés, insécurité et déplacements sont à la base de cette crise, selon Ocha qui évoque, également, la dépréciation du franc congolais qui a "entraîné une forte baisse du pouvoir d’achat, et s’est greffé à un contexte de pauvreté antérieur à la crise".
Depuis une année, cette région du centre de la RDC est secouée par des violences meurtrières qui impliquent les forces de sécurité congolaises et les partisans de Kamwina Nsapu, un chef traditionnel tué par la police en août dernier dans la ville de Tshimbulu.
Bein que diamantifère, la région du Kasaï était avant même le déclenchement des violences, classée parmi les plus pauvres de la RDC.
Ce violences ont déjà fait plus de 3 300 morts selon l’Eglise catholique et forcé plus de 1,4 million de personnes au déplacement et plus de 30 000 à se réfugier en Angola voisin selon l’ONU.
Plus de 271 000 déplacés sont rentrés durant la dernière période dans leurs villages grâce à une "accalmie sécuritaire et parfois à des sensibilisations faites par la société civile, mais ils ne traduisent pas pour autant une amélioration de la situation humanitaire", selon Ocha.