Lassaad Ben Ahmed
29 Octobre 2018•Mise à jour: 31 Octobre 2018
AA / Bangui / Krock Sylvestre
Laurent Ngon Baba a été élu, lundi, président de l’Assemblée nationale centrafricaine avec 112 voix sur 116, a constaté le correspondant d’Anadolu à Bangui.
Laurent Ngon Baba a été candidat unique après l’invalidation de la candidature de Thierry Vackat et le désistement de Timoléon Baïkoua, deux autres candidats.
Il remplacera, ainsi, Abdoua Karim Meckassoua, destitué vendredi dernier.
« Désormais, avec l’ensemble des collègues parlementaires, nous n’avons plus droit à l’erreur. Nous n’avons qu’à nous consacrer à notre devoir de député de la nation », a déclaré le nouveau président.
« La population a une image de nous qui n’est pas positive. Mais, c’est l’expression de notre sens de responsabilité, car si les choses ne marchent pas, nous sommes en droit de contester et de remettre l’ordre. Désormais, nous allons nous focaliser sur le pays et non sur les querelles », a déclaré Clément Nabona, un autre député, qui n’a pas caché sa satisfaction.
Joint par Anadolu, Abakar Ousman, porte-parole des musulmans du Km5 à Bangui, salue l’aboutissement heureux de cette démarche.
Pour lui, le problème n’est pas le clivage chrétien-musulman dont on veut faire croire.
« Chrétien ou musulman, c’est un fils du pays. L’essentiel est que nous les Centrafricains, nous ayons pris conscience que les hommes politiques nous manipulent et qu’il est temps de se serrer les coudes pour avancer ensemble vers notre destinée commune », a-t-il déclaré.
Notons que El Adj Laurent Ngon Baba est musulman. Juriste environnementaliste de formation, il fut plusieurs fois ministre et député. Il est le président du Parti de l’action et du développement (PAD) et président du Comité national du pèlerinage à la Mecque.
Avant son élection, la séance plénière a été interrompue par un incident tragique. Le député Alfred Yékatombe alias Rombo a utilisé son arme automatique en pleine session plénière en tirant deux coups en l’air.
Une panique a gagné l’assemblée avant qu’il ne soit immobilisé par les forces de l’ordre au même titre que deux autres députés porteurs d’armes à feu.
Le calme est revenu ensuite à l’Assemblée nationale. Et l’élection a poursuivi son cours.