Mohamed Safwene Grira
17 Janvier 2017•Mise à jour: 19 Janvier 2017
AA/ Abidjan/ Fulbert Yao/ Issiaka N'guessan
Des mutineries de militaires et de gendarmes ont embrasé, mardi, plusieurs villes de la Côte d'Ivoire pour la deuxième fois en l'espace de 10 jours, ont rapporté les correspondants d'Anadolu sur foi de témoignages concordants.
Des tirs ont été entendus, mardi, dans la capitale ivoirienne Yamoussoukro, alors que des militaires patrouillaient dans les rues et qu'un mouvement de panique s'emparait de la population. La plupart des tirs proviendraient de l’Ecole des Forces Armées (EFA) située à Zambakro, une localité du district de Yamoussoukro, alors qu'une source sécuritaire a affirmé que les artères de Yamoussoukro ont été bloquées par les soldats.
A Bouaké, dans le Centre du pays, où des tirs ont été entendus, les écoles privées ont sollicité les parents de venir chercher leurs enfants.
Dans la ville de Dimbokro (Centre) ou à Daoukro (Est), des éléments de la brigade de gendarmerie ont quitté leurs positions en menaçant de libérer des prisonniers.
A Abidjan, enfin, des tirs à l'arme lourde ont été entendus dans les camps de gendarmerie "commando" d'Abobo et d'Agban.
Ce mouvement général intervient alors que les primes promises aux auteurs d'une récente mutinerie ont commencé à être versées mardi, d'après des médias ivoiriens.
"Les 12 millions FCFA (près de 20 000 USD) payés à chacun des 8400 soldats mutins a suscité l'appétit général" regrette une source au sein de la présidence ivoirienne, dans une déclaration à Anadolu.
En Côte d'Ivoire, un pays qui a déjà expérimenté les mutineries qui se transforment en coups d'Etat (1999), ce mouvement général est le second en l'espace de 10 jours.
Dans la nuit du 6 au 7 janvier, un groupe de soldats a fait irruption dans l’Etat-major de la 3ème Région militaire de Bouaké (Centre) en faisant usage d’armes à feu. La mutinerie s’est aussitôt étendue à d'autres villes du Nord et du Centre, touchant jusqu'à la capitale économique Abidjan.
Les revendications de ces soldats tournaient autour de paiement de primes, d'augmentations salariales et l'évolution des carrières.
Le président Alassana Ouattara a donné rapidement son accord pour la prise en compte des revendications des mutins, tout en déplorant les méthodes employées.