CAN 2017 : Baciro Candé, la force tranquille qui mène les lycaons de Guinée-Bissau
Après avoir qualifié le onze bissau-guinéen pour la première phase finale de Coupe d’Afrique de son histoire, le sélectionneur national a réussi son pari en contraignant l'équipe gabonaise au match nul.Nadia Akari
17 Janvier 2017•Mise à jour: 20 Janvier 2017
Gabon
AA/Libreville / Patrick Juillard
Qualifiée pour la première phase finale de Coupe d’Afrique de son histoire, la Guinée-Bissau a réussi ses débuts en contraignant le pays organisateur gabonais au match nul (1-1). Derrière cette performance, se cache un homme : le sélectionneur Baciro Candé.
Âgé de 49 ans, ce technicien local a remplacé le Portugais Paulo Torres à la tête des Djurtus (les lycaons, chiens sauvages) au mois de mars 2016. Son bilan est depuis excellent, avec trois victoires pour seulement une défaite. Dernière du classement des éliminatoires avec un point lors de sa prise de fonction, l’équipe décroche la qualification pour la CAN, dans une poule qui comportait également la Zambie, championne d’Afrique 2012, le Congo et le Kenya.
Vainqueur de neuf titres de champion et de cinq Coupes nationales avec le Sporting Club de Bissau, ce coach compte également sur son CV une expérience internationale. Outre un premier passage sur le banc de la sélection de 2003 à 2008, Baciro Candé a participé à la Ligue des Champions africaine et a eu en mains le club portugais d’Oeiras.
Pour sa première grande compétition internationale, le sélectionneur bissau-guinéen fait profil bas. C’est d’une voix douce et posée qu’il répond à des journalistes pas toujours très informés sur son équipe. Avant la conférence de presse de ce mardi, des reporters lui ont même demandé si, des deux personnes prêtes à répondre, il était le joueur ou l’entraîneur.
Pour vivre heureux, vivons cachés : telle pourrait être la devise de Baciro Candé et de ses joueurs pendant cette CAN. « Nos adversaires nous connaissent mal, et nous sous-estiment parfois. Cela nous rend plus forts », déclare Candé à Anadolu. Être ainsi pris de haut, le coach des Djurtus en a pris l’habitude. Il y verrait même plutôt des avantages.
Encore anonyme à l’étranger, Baciro Candé bénéficie en revanche d’une grande reconnaissance dans son pays natal : « J’ai eu la chance que le président de la Fédération, Manuel Nascimento Lopes, me fasse confiance. Il m’a confié les rênes de la sélection lors d’une phase très compliquée que ce soit au niveau politique ou sportif. Il y avait beaucoup de tensions dans le pays. Mais je n’y ai pas réfléchi à deux fois. Mon pays est au-dessus de tout, mon pays est à la première place, j’ai tout misé sur la sélection nationale. »
Les scènes de liesse vécues lors de la qualification se sont reproduites lors du départ des joueurs pour le Gabon, sous l’escorte de dizaines de milliers de Bissau-Guinéens enthousiastes, mais aussi après le point gagné contre le Gabon, lors du match d’ouverture de la CAN 2017.
A la veille d’un deuxième match potentiellement décisif face au Cameroun, Baciro Candé ne craint pas un relâchement de ses hommes, heureux samedi dernier comme s’ils avaient gagné une finale. « Nous savons que notre adversaire camerounais connaît mieux la CAN que nous, et qu’ils ont beaucoup de bons joueurs. Nous restons concentrés. C’est une question de responsabilité. »
Après le Cameroun mercredi, la Guinée-Bissau de Baciro Candé affrontera le Burkina Faso, dimanche prochain à Franceville. On saura alors si les Djurtus joueront les quarts de finale de la CAN 2017, qui se dispute jusqu’au 5 février prochain au Gabon.