Lassaad Ben Ahmed
05 Mars 2018•Mise à jour: 05 Mars 2018
AA / Niamey / Kané Illa
Les enseignants de l’Université de Niamey ont décidé, lundi, de poursuivre leur «grève illimitée» qu’ils ont entamée le 20 février dernier, a appris Anadolu de source proche de leur syndicat.
«L’Assemblée générale extraordinaire du 3 mars 2018 décide de la poursuite du mouvement de grève jusqu’à satisfaction totale de ses justes et légitimes revendications», a indiqué le Syndicat national des enseignants et chercheurs du supérieur (SNECS), section de Niamey, dans une déclaration dont Anadolu s’est procurée copie.
Cette décision intervient après le constat qu’aucune réponse satisfaisante n'est intervenue par rapport à la situation de violence qui pèse sur les enseignants.
A travers leur «grève illimitée», les enseignants exigent la «dissolution pure et simple» de la «Commission des affaires sociales et de l’ordre (CASO)» des étudiants, après que des éléments de cette structure ont «agressé» un enseignant, début février, au niveau d’un barrage dressé par les étudiants pour faciliter le mouvement de leurs bus.
Selon les enseignants, la «CASO» est une organisation «criminelle» dont la présence crée un véritable climat d’insécurité sur le campus universitaire.
«Le SNECS a d’ailleurs transmis aux autorités compétentes un mémorandum récapitulant des faits de traitements cruels, inhumains et dégradants, racket et extorsion des fonds aux commerces sis au campus, des viols d’étudiants et des meurtres », énumère le document.
Ces accusations sont «imputables à la CASO dont certains ont fait l’objet de plaintes auprès de l’observatoire de la vie universitaire (OVU), les sanctions disciplinaires de l’Université couplées parfois à des sanctions pénales restant incapables d’endiguer le mal», précise la déclaration des enseignants.
L’Union des étudiants nigériens à l’Université de Niamey (UENUN) n’a pas encore réagi à cette nouvelle sortie du syndicat des enseignants.
Mais, dès l’entame de la grève du SNECS, le syndicat des étudiants a déclaré qu’il s’oppose à la demande de la dissolution de la CASO formulée par les enseignants.
En attendant une sortie de la crise, toutes les activités académiques sont suspendues à l’Université de Niamey.
De plus en plus, des étudiants s’inquiètent sur le sort de l’année académique en cours.
«Nous venons juste de démarrer des examens quand cette grève des enseignants a commencé. Voilà que maintenant tout est suspendu et Dieu seul sait quand est-ce qu’un accord pourra être trouvé», s’inquiète Sani Amadou, un étudiant de la Faculté des lettres et sciences humaines (FLSH), rencontré par Anadolu.
«Nous sommes presque à la fin du deuxième trimestre et à ce jour il y a des cours que nous n’avons pas débuté. Si cette grève dure plus d’un mois, il y a des réelles raisons de s’inquiéter sur le sort de cette année académique», se lamente Moumouni Abdoulaye, un autre étudiant de la même faculté, dans une déclaration à Anadolu.
Les autorités universitaires et celles du ministère de l’Enseignement supérieur n’ont toujours pas officiellement réagi par rapport à la grève des enseignants.