Lassaad Ben Ahmed
12 Mars 2018•Mise à jour: 13 Mars 2018
AA / Niamey / Kané Illa
La Cour d’appel de Niamey a retenu, lundi, la peine d’un an de prison ferme et d’un an de sursis contre le journaliste Baba Alpha, a appris Anadolu de source proche de la défense du journaliste.
«La Cour vient de casser le jugement condamnant Baba Alpha à la peine de deux ans de prison ferme. Elle l’a condamné à un an de prison ferme et un an avec sursis», a déclaré à la presse Maitre Hassane Oumarou, un des avocats du journaliste.
La destruction des pièces d’état civil du journaliste (acte de naissance et nationalité), décidé par le tribunal de grande instance hors classe de Niamey, n’a pas été évoquée par la Cour d’appel de Niamey.
Mais selon l’avocat, «du moment où la Cour d’appel a cassé le premier jugement, cela veut dire que cette décision tombe aussi».
Employé du groupe de presse «Bonferey», un des principaux groupes audiovisuels privés du Niger, le journaliste Baba Alpha a été arrêté, pour «faux et usage de faux», après qu’il s’est fait établir un passeport nigérien, à l’aide d’un «faux» acte de naissance de son père qui est d’origine malienne.
Jugé en avril 2017, il a été condamné à la peine de deux ans de prison ferme par le tribunal de grande instance hors classe de Niamey, qui avait aussi ordonné la destruction de toutes ses pièces d’état civil nigériennes.
Son père, lui, avait été condamné à la peine d’un an de prison ferme. La condamnation du journaliste avait suscité plusieurs réactions des organisations de défense de la liberté de la presse et des droits de l’homme, aussi bien au Niger qu’au plan international.
Dans un communiqué de presse, l’association «Reporters Sans frontières (RSF)» avait qualifié la décision du tribunal de Niamey de «décision disproportionnée dont le but n’est autre que d’écarter et de faire taire un journaliste réputé pour son professionnalisme et sa vision critique de la gestion des affaires publiques».
RSF a, donc, appelé «les autorités nigériennes à revenir sur cette condamnation ubuesque».
A travers le ministère de la Communication, le gouvernement a toujours soutenu que la condamnation du journaliste Baba Alpha n’avait rien à avoir avec ses critiques contre les autorités nigériennes.