Nadia Chahed
16 Juin 2017•Mise à jour: 16 Juin 2017
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
Neuf anciens chefs d’Etats africains et l’ancien secrétaire général de l’ONU, Koffi Annan, ont exprimé, jeudi, leur inquiétude quant à l’avenir de la République Démocratique du Congo plongée depuis le début de l'année dans une profonde crise politique.
"Nous sommes profondément consternés par la situation politique qui prévaut en RDC. Elle constitue une menace à la stabilité, à la prospérité et à la paix de toute la région des Grands Lacs, voire de l’Afrique dans son ensemble. Nous nous devons de sonner l’alarme avant qu’il ne soit trop tard" ont déclaré neuf anciens présidents africains dans un communiqué conjoint publié jeudi par la Fondation Koffi Annan.
Kofi Annan (ONU), Boni Yayi (Benin), John Kufuor (Ghana), John Mahama (Ghana), Thabo Mbeki) (Afrique du Sud) , Benjamin Mkapa (Tanzanie), Festus Mogae (Botswana) , Olusegun Obasanjo (Nigeria) , Pedro Pires (Cap vert) et Cassam Uteem (Ile Maurice), ont exhorté, dans le même communiqué, les leaders politiques congolais à "donner la priorité à l’intérêt national".
"Déjà meurtri par des décennies de dictature, suivies d’années de guerre civile, le peuple congolais aspire à la paix, au développement et au respect des droits de l’Homme", ont-ils martelé, appelant Kinshasa et la communauté internationale, à mobiliser toutes les ressources pour l’organisation des élections d’ici la fin de l’année.
Les signataires du communiqué ont, en outre, signifié que l’avenir de la RDC est "en grave danger" et que l’actuelle crise aura des conséquences continentales "si elle n’est pas traitée".
Le président congolais, Joseph Kabila, avait déclaré en mai dernier, dans une interview à l’hebdomadaire allemand "Der Spiegel "n’avoir rien promis du tout" quant à la tenue des élections en décembre 2017 mais a toutefois indiqué souhaiter les organiser "aussi vite que possible".
Agé de 46 ans, Joseph Kabila est au pouvoir depuis 2001. Censé le quitter en décembre 2016 au terme de ses deux mandats constitutionnels, il a été maintenu à son poste à cause de la non tenue des élections dans délais. Fait qui s'est accompagné par des manifestations réprimées par la force et une importante contestation.
La semaine dernière, il a appelé les membres de l’actuel gouvernement et la Centrale électorale à ignorer toute "pression extérieure", en ce qui concerne les questions électorales qui relèvent, selon lui, "strictement de la souveraineté nationale ".