Esma Ben Said
02 Janvier 2018•Mise à jour: 02 Janvier 2018
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
Cinq personnes sont mortes et plus de 80 autres arrêtées par les forces de sécurité, dimanche, en République démocratique du Congo (RDC) lors de la répression des manifestations de laïcs catholiques contre le président Joseph Kabila, a annoncé mardi la police.
L’armée et la police ont réprimé des messes dans des églises à coups de gaz lacrymogène et étouffé des marches interdites organisées à l'appel du comité de
laïcs catholiques.
"A ce jour cinq morts ont été enregistrés dont 4 à Kinshasa et 1 à Kananga dans la province du Kasaï-central" a déclaré au cours d’une conférence de presse à Kinshasa, le colonel pierrot Mwanamputu, porte-parole de la police affirmant qu’aucune de ces personnes n’a été tuée dans les lieux de culte.
"A Kinshasa, il s’agit de deux kulunas (jeunes gangs de la capitale) , un membre du groupe terroriste Kamwina Nsapu et un agent de police", selon Mwanamputu.
Un autre "terroriste" auteur "d’une attaque contre un poste de police à Kananga dans la province du Kasaï-central" est également mort, selon la même source.
Toutes ces personnes sont décédées de mort "violente sans aucun lien de causalité" avec la manifestation catholique, a affirmé l’officier lançant un appel à témoin.
77 "fauteurs de troubles" ont en outre été interpellés en divers endroits dans la capitale et onze autres qui brandissaient des drapeaux du principal parti d’opposition (UDPS) à Kamina dans la province de Haut-Lomami, a-t-il ajouté.
"Faux bilan", a répliqué à Anadolu, Léonie Katolo, porte-parole du comité de laïcs catholiques à l’origine de la mobilisation anti-Kabila. "Au total, douze personnes ont été tuées, 11 à Kinshasa et un à Kananga", a-t-il assuré.
Selon les Nations-Unies, au moins cinq personnes ont été tuées, plusieurs ont été blessées et plus de 120 personnes ont été arrêtées.
La secrétaire générale de la Francophonie, Michaelle Jean a dénoncé lundi dans un communiqué des attaques "inqualifiables" et "désolantes" contre les fidèles
catholiques et des citoyens dans ce géant pays au cœur de l'Afrique.
Choqué par des actes "ignobles", l'épiscopat congolais a, dans un communiqué, publié mardi, demandé une enquête "sérieuse" et "objective" pour rétablir les responsabilités sur les pertes en vies humaines et les agressions physiques".
Les fidèles catholiques manifestaient dimanche pour presser le président Joseph Kabila à appliquer "intégralement" l'accord conclu fin 2016 entre son camp et
l'Opposition sous la médiation des évêques catholiques.
Cet accord consacre notamment la libération des prisonniers politiques et la cessation des poursuites judiciaires "injustifiées" contre les membres de l'opposition.
Très influent, l’organe réunissant les évêques (épiscopat) a dénoncé "de graves entorses" subis par l'accord de la Saint-sylvestre dans son application.