Esma Ben Said
09 Novembre 2017•Mise à jour: 09 Novembre 2017
AA/Desk
Le "Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans" (Jamaat Norsat al-Islam wal-Mouslimin), organisation extrémiste, récemment formée de la fusion de plusieurs groupes armés sévissant dans le Sahel, a revendiqué une série d’attaques au Mali, selon des communiqués relayés sur les réseaux sociaux.
Lundi dernier, dix personnes, dont neuf civils, ont péri dans deux attaques distinctes dans le nord et le centre du Mali.
Ces attaques ont eu lieu au moment où le Premier ministre Abdoulaye Idrissa Maïga devait se rendre dans la zone. Ce dernier a finalement dû reporter sa visite après l'explosion d'une mine au passage d'un véhicule d'escorte.
Dans des communiqués publiés mercredi par l’agence privée mauritanienne Al Akhbar et le Centre américain de surveillance des sites jihadistes SITE, le “Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans” a revendiqué une série d’attaques dans le centre du pays, citant, entre autres, celle visant le convoi du Premier ministre et une embuscade visant des camions de la Mission de l’ONU au Mali (Minusma) sous escorte militaire malienne, dans laquelle le groupe dit avoir perdu un combattant.
Le groupe armé ne fait toutefois pas mention de l’attaque à l’engin explosif qui a tué cinq civils passagers d’un bus près d’Ansongo (région de Gao-nord) lundi.
La Minusma a de son côté condamné ces trois attaques.
Dans un communiqué dont Anadolu a reçu copie, la mission onusienne déployée au Mali a indiqué que l'embuscade de lundi contre son convoi a coûté la vie à quatre transporteurs civils, un garde national malien. Deux assaillants sont également morts dans l’attaque.
Le chef de la Minusma, Mahamat Saleh Annadif, a qualifié les auteurs de l'attaque d' "ennemis de la paix", "de fanatiques drogués", et d'"êtres sans foi ni loi".
“Ces lâches se confondent avec les populations paisibles, se fondent discrètement dans la masse avant d’accomplir leur forfait”, a déclaré le représentant de l’ONU, qui a appelé les Maliens à “une prise de conscience collective”.
“Les populations doivent dénoncer leurs bourreaux et les débusquer avec l’aide et le soutien des forces nationales et internationales”, a-t-il ajouté.
Le « Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans » a déjà revendiqué près de 60 attaques sur l’ensemble du territoire malien.
Le Nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes extrémistes liés à Al-Qaïda, à la faveur d'une rébellion touareg déclenchée en janvier de la même année.
Les extrémistes ont été, en grande partie, chassés par l’Opération "Serval", une intervention militaire internationale lancée en janvier 2013 à l'initiative de la France. Mais des zones entières échappent toujours au contrôle des forces maliennes, françaises et de l'ONU, régulièrement visées par des attaques meurtrières.
Malgré la signature d’un accord de paix entre les différents belligérants (gouvernement et alliés d’une part et groupes touaregs d’autre part) en mai-juin 2015, la situation sécuritaire ne cesse de se dégrader dans le nord, mais aussi le centre du pays, qui a basculé sous le joug des réseaux terroristes.