Lassaad Ben Ahmed
10 Septembre 2020•Mise à jour: 11 Septembre 2020
AA / Bamako / Moussa Bolly
La phase nationale (du 10 au 12 septembre 2020) des concertations pour la mise en place d'une transition au Mali a été lancée, jeudi matin, par le président du Comité national pour le salut du peuple (CNSP), le colonel Assimou Goïta, au Centre international des conférences de Bamako (CICB).
Elle intervient après les phases régionales qui ont validé les termes de référence (TDR) desdites concertations les 3 et 4 septembre courant.
Cette phase nationale des assises regroupe l’ensemble des forces vives de la nation, y compris des délégués de la diaspora.
«La concertation nationale est l'expression de l'aspiration du peuple pour une refondation de l’Etat», a rappelé le Colonel Assimi Goïta en situant le contexte.
«Je tiens à renouveler notre volonté de participer à la mise en place de l'architecture de la transition», a assuré le président du CNSP qui a insisté sur les enjeux de ces assises devant permettre au Mali de prendre un nouveau départ vers la stabilité, la paix et l’émergence.
Les concertations qui viennent ainsi de débuter doivent permettre aux Maliens de convenir des grands axes de la Feuille de route de la transition, de définir l’architecture et les organes et de l’élaboration de la Charte de la transition.
Selon des sources proches de la junte, le CNSP a proposé un Conseil national de transition avec un rôle législatif et d'orientation ; un conseil des sages avec les anciens Premiers ministres, les leaders religieux et le Médiateur de la République ; un gouvernement avec un plein pouvoir.
Pour la Charte de la transition, les militaires ont souhaité la suspension de la constitution et la dissolution de certaines institutions (Haut conseil des collectivités et le Conseil social culturel et économique). Les participants aux concertations vont se prononcer sur ces propositions durant ces 3 jours de travaux.
Ces assises interviennent trois jours après l'ultimatum donné par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) à la junte de remettre le pouvoir aux civils avant le 15 septembre.
Mais, pour le moment, dans le pays, les avis divergent sur qui va diriger la transition au Mali. Si certains défendent l'idée de la CEDEAO (président et Premier ministre civils), d'autres soutiennent les militaires pour diriger la transition.