Nadia Chahed
05 Novembre 2017•Mise à jour: 06 Novembre 2017
AA/Niamey/Kané Illa
Le Niger a autorisé l’utilisation de drones américains armés sur son sol, a annoncé le ministre nigérien de la Défense nationale Kalla Moutari.
«L’armement des drones est une option que nous avions prise avant même que nous connaissions le drame de Tongo Tongo», a-t-il indiqué dans un entretien accordé, samedi, à la radio nationale «Voix du Sahel».
«Nous faisons face à des gens très armés (Ndlr : les terroristes)», a expliqué le ministre qui estime que l’utilisation des drones armés «constitue une réponse très adaptée et décisive pour combattre le terrorisme».
S’appuyant sur des cas intervenus en Irak ou au Yémen, des Nigériens commencent déjà à s’inquiéter quant aux risques d’erreurs de frappe auxquels seront exposées les populations des zones où les drones américains vont opérer.
Le ministre Kalla Moutari admet qu’il y a «des possibilités de méprise», mais soutient qu’il n’y a pas «de guerre propre».
Même si, comme l’a dit le ministre, elle datait de longtemps, la décision d’utiliser des drones armés américains dans la lutte contre le terrorisme au Niger a commencé à prendre forme après l’attaque, le 4 octobre dernier, d’une patrouille mixte des soldats nigériens et américains dans le village nigérien de Tongo Tongo, près de la frontière malienne.
Quatre soldats nigériens et trois américains avaient été tués dans cette attaque.
Jusqu’à cette date, la présence des soldats américains au Niger se faisait très discrète.
Arrivés suite à un accord signé en 2015 entre le Niger et les USA, les soldats américains disposent d’une importante base à Agadez, la principale ville du Nord-Niger, d’où ils surveillent les mouvements des terroristes et autres narcotrafiquants qui écument les frontières entre le Niger, l’Algérie et la Libye.
En plus des Américains, des soldats français et allemands sont aussi présents au Niger dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.