Mohamed Safwene Grira
19 Décembre 2016•Mise à jour: 19 Décembre 2016
AA/ Kinshasa/ Pascal Mulegwa
La capitale congolaise Kinshasa était sous haute tension, lundi, à quelques heures de l'échéance constitutionnelle, marquant, pour l'opposition, la fin du dernier mandat du président Joseph Kabila.
Les négociations "de la dernière chance" avec le pouvoir, qui insiste sur le prolongement de ce mandat, jusqu'en 2018, ont été suspendues, jusqu'à mercredi prochain.
Les activités économiques et sociales étaient complètement paralysées à Kinshasa, alors qu'aucun mot d'ordre de "Journée ville morte" n'a été donné par l'opposition. Un impressionnant déploiement des forces de l'ordre était visible dans la capitale, particulièrement, à l'université de Kinshasa.
"Nous sommes dans les coins et recoins de Kinshasa, tout attroupement de plus de dix personnes sera bel et bien dispersé. Nous avons reçu des ordres assez clairs", a déclaré à Anadolu le colonel Pierrot Mwanamputu, porte-parole de la police congolaise.
L'accès aux réseaux sociaux était coupé, conformément à des instructions gouvernementales datant de la semaine dernière.
"Même si Kabila coupe internet, nous allons frapper fort. Après tout, Mobutu [Sese Seko, ancien président zaïrois] est parti sans connexion internet. Lui aussi partira sans connexion", a déclaré à Anadolu Gabin Mutomb, étudiant à l'université de Kinshasa.
Aucun appel à manifester n'a, en revanche, été enregistré, lundi, de la part de l'opposition hostile au prolongement du mandat de Kabila et réunie au sein du "Rassemblement des Forces acquises au Changement".
Cette plateforme, qui a rejeté l'accord signé, entre le pouvoir et une frange de l'opposition, instaurant une transition courant, jusqu'en 2018, avait, à maintes fois, promis de mobiliser la rue. Seuls certains de ses leaders, s'exprimant dimanche via les réseaux sociaux, ont lancé un appel aux Congolais "de prendre leurs responsabilités".
Des mouvements citoyens, comme Lucha, ont appelé, de leur côté, à occuper pacifiquement les rues et les espaces publics en RDC, dès 23h59, d'après un communiqué sonore diffusé sur des médias congolais.
Ces développements interviennent alors que l'Union européenne (UE) et la Mission de l'ONU en RDC (Monusco) ont lancé, dimanche, un appel à la retenue concernant aussi bien le pouvoir que les partis de l'opposition.