Lassaad Ben Ahmed
12 Janvier 2020•Mise à jour: 13 Janvier 2020
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Trente soldats et 40 rebelles sont morts en trois mois d’affrontements entre l’armée congolaise et les rebelles des Forces démocratiques alliés (ADF) pour la reconquête de Madina, le plus grand bastion de cette rébellion d’origine ougandaise à Beni dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), a annoncée l’armée congolaise.
« Nous avons perdus 30 soldats et 70 autres sont blessés dont certains grièvement », a déclaré à la presse, samedi, le porte-parole de l’armée dans la région, Mak Hazukay, précisant que les forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont aussi perdu plusieurs armes individuelles.
Du côté de l'ennemi sur cet axe, a-t-il poursuivi, « on a neutralisé 40 ADF. Et parmi les cadavres, il y a 5 dirigeants », dont Jamil Mukulu.
La bataille pour la reprise de Madina a duré trois mois affirme l’officier. Et la ville a été libérée vendredi dernier.
Cette durée de trois mois s’explique selon lui, par les difficultés d’accès aux zones de combat, doublées de l’activisme des miliciens locaux Maï-Maï, qui rendraient « les tâches lourdes ».
Ce n’est pas la première fois que la position de Madina est reprise par l’armée. Elle avait été déjà conquise en 2015, ensuite perdue en 2017.
Auteurs présumés d’une série de massacres ayant fait plus de 3000 morts (selon la société civile) depuis 2014, les ADF sont « dans leur dernier retranchement », selon Hazukay.
Le Centre d’étude pour la promotion de la démocratie, la paix et les droits de l’homme (Cepadho), une organisation de la société civile congolaise reste hésitante.
Dans un communiqué publié vendredi, elle a invité l'armée à "moins de triomphalisme et l'encourage à plus de prudence, de retenue et de sérénité considérant le caractère terroriste de l'ennemi".