Lassaad Ben Ahmed
28 Mars 2018•Mise à jour: 29 Mars 2018
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Onze civils ont été tués par des rebelles ougandais à Beni dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) théâtre de nombreux massacres depuis octobre 2014, a révélé, mercredi, la société civile locale.
"L’attaque des rebelles ougandais des forces démocratiques alliés (ADF) dans la commune de Rwenzori hier (mardi) a fait 11 morts dont sept hommes, trois femmes et un enfant de 2 ans", a déclaré à Anadolu Gilbert Kambale président de la société civile de Beni, indiquant que l'attaque avait eu lieu vers 16h30 GMT.
"Plusieurs autres civils ont été enlevés par les ADF (Forces démocratiques alliées)", a ajouté Kambale sans préciser le nombre.
L’attaque a été repoussée par l’armée, selon son porte-parole local le capitaine Mak Hazukay, joint par Anadolu.
Se refusant de communiquer sur le bilan, l’officier a indiqué que l’armée "fouille encore les zones autour des milieux attaqués mardi".
Dans un quartier de la commune attaquée, des patients "affaiblis et sous perfusion ont fui lors de l’attaque des assaillants", a témoigné au téléphone d’Anadolu Joël Kaleta, habitant de Beni, ville frontalière du parc des Virunga, où s'abritent des groupes armés dans la province du Nord-Kivu.
Cette attaque a eu lieu quelques heures après le vote au conseil de sécurité de l’ONU d’une nouvelle résolution reconduisant et renforçant le mandat de la mission onusienne en RDC (Monusco).
Forte d’un peu plus de 16 mille hommes en uniformes, cette mission déployée au Congo-Kinshasa depuis près de 20 ans est chargée d’éradiquer, de concert avec l’armée gouvernementale, la centaine de groupes armés sévissant dans l’Est du pays.
Rebelles opposés au président ougandais Yoweri Museveni, les ADF sont présents dans l'est de la RDC depuis 1995.
Responsables d’un robuste assaut ayant fait, en décembre dernier, 15 morts et une quarantaine de blessés dans les rangs des Casques bleus à Beni, ces rebelles sont en outre, accusés d’avoir tué un millier de civils congolais entre 2014 et 2016 dans le territoire de Beni, d’après Kinshasa , l’ONU et des ONG.