Esma Ben Said
31 Octobre 2017•Mise à jour: 31 Octobre 2017
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
Neuf activistes congolais ont été arrêtés mardi à Beni, une ville de l'est de la République Démocratique du Congo (RDC), en marge d’une marche contre l’insécurité et le maintien au pouvoir du président Joseph Kabila, ont rapporté à Anadolu des sources concordantes.
« Nos 9 camarades ont été arrêtés brutalement et illégalement ce matin dans la ville de Beni, nous exigeons leur libération » a déclaré auprès d’Anadolu Félix Musikya, un communicateur de la lutte pour le changement (Lucha), le principal mouvement citoyen congolais.
La manifestation visait aussi, selon le mouvement, à dénoncer les tueries des civils dans cette région qui a connu une série de massacres des civils attribués par Kinshasa et l’ONU aux rebelles ougandais des forces démocratiques alliés (ADF) entre 2014 et 2016.
Il y a quelques semaines, les autorités congolaises avaient découvert les corps de 26 personnes tuées, selon l'armée congolaise, le 7 octobre dans une attaque attribuée aux rebelles ougandais des forces démocratiques alliés (ADF) sur l’axe Mbau-Kamango dans le territoire de Beni.
« Cette prétendue marche n’a pas été autorisée par l’autorité urbaine, raison pour laquelle nous l’avons interrompu » a déclaré à Anadolu le chef adjoint de la police de Beni, le lieutenant-colonel Lisangi Nkumu.
En outre, cette manifestation « nous est parue étrange dans une ville déclarée zone opérationnelle » a-t-il commenté signifiant que de telles activités peuvent faciliter « l’infiltration des rebelles et des égorgeurs » dans la ville.
Ces arrestations interviennent au lendemain des heurts meurtriers qui ont secoué la ville de Goma, capitale de la province du Nord-Kivu, faisant selon la police trois morts et ayant conduit à l’interpellation des 28 manifestants.
A la crise sécuritaire et humanitaire qui mine la RDC depuis plus de 20 ans, s’est ajoutée depuis près d’un an, une grave crise politique liée au non tenue des élections dans les délais (Novembre 2016). Cette impasse électorale a permis au président Kabila, de se maintenir au pouvoir en dehors de ses deux mandats autorisés par la Constitution. Ce texte lui autorise à rester au pouvoir jusqu’à l’élection de son successeur mais ne lui permet de briguer un troisième mandat.
L’opposition et la société civile appellent à son départ la fin de cette année afin d’instaurer une transition sans Kabila, accusé de manœuvrer pour retarder « indéfiniment » les élections.