Mohamed Safwene Grira
09 Janvier 2017•Mise à jour: 10 Janvier 2017
AA/ Abidjan/ Issiaka N'guessan/ Fulbert Yao
L'administration ivoirienne était paralysée, lundi, alors que les fonctionnaires sont engagés dans une grève de 5 jours pour réclamer des arriérés de salaires, a rapporté le correspondant d'Anadolu.
Cette grève intervient à un moment critique, puisqu'elle fait suite à une mutinerie dans plusieurs villes du pays la semaine dernière, et alors que le gouvernement ivoirien doit présenter sa démission lundi.
Pour Mesmin Comoé, membre de la plateforme de l'intersyndicale des fonctionnaires interrogé par Anadolu, les principales revendications concernent des arriérés de salaires, estimés à plus de 385 millions USD. Par ailleurs, les syndicats critiquent également la méthode de calcul des pensions de retraites.
"Le calcul de la pension de retraite qui se faisait à partir du dernier indice acquis en cours de carrière est maintenant effectué sur la base de la moyenne de l'indice des cinq dernières années", a résumé le syndicaliste.
Santé, mines, pétrole, éducation nationale, impôts, tous les secteurs de la fonction publique étaient concernés lundi, par l'arrêt de travail, et ce à hauteur de 90%, a estimé Simplice Sapoli, secrétaire général du syndicat des agents du ministère du plan et du développement, joint par Anadolu.
"Nous donnons au gouvernement 5 jours ferme, jusqu'au 13 janvier. Si on a gain de cause, on arrête la grève totalement", a déclaré Jérémie Gnadji, un responsable syndical joint à Anadolu, alors qu'aucune réaction officielle n'a été enregistrée lundi jusqu'à 11H GMT.
Pour Mesmin Comoé, les grévistes n'ont pas encore été contactés par le gouvernement pour évoquer leur revendications. "On n'a pas de fusil, donc on ne nous appellera pas", a-t-il déclaré en allusion aux militaires qui ont obtenu gain de cause, le week-end dernier, après 48h de mutinerie dans plusieurs villes du pays.
Dans la nuit de jeudi à vendredi, un groupe de militaires a fait irruption dans l’Etat-major de la 3ème Région militaire de Bouaké (Centre) en faisant usage d’armes à feu. Le mutinerie s’est aussitôt étendue aux villes de Korhogo (Nord), Odienné (Nord), Daloa (Centre-Ouest) et Daoukro (Centre-Est), et à Abidjan.
Les revendications de ces soldats tournaient autour de paiement de primes, d'augmentations salariales et de réduction du temps des grades. Samedi, le président Alassana Ouattara a donné son accord pour la prise en compte des revendications des mutins, tout en déplorant les méthodes employées.
La promptitude de cet accord a été justifiée, selon des observateurs, par la fragilité de la conjoncture institutionnelle que traverse la Côte d'Ivoire, alors que la nomination d'un nouveau Premier ministre, d'un vice-président et d'un nouveau président de l'Assemblée nationale est prévue.
Cette série de nominations devant intervenir à partir de lundi entend tirer les conséquences de l'adoption, en novembre dernier, de la Constitution de la IIIème République.