Lassaad Ben Ahmed
13 Juin 2018•Mise à jour: 14 Juin 2018
AA / Pascal Mulegwa
La Chambre de première instance de la Cour pénale internationale (CPI) a ordonné mardi la mise en liberté provisoire de l’ancien chef rebelle et vice-président congolais Jean-Pierre Bemba, acquitté vendredi dernier des crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis par ses troupes en Centrafrique entre 2002 et 2003.
"Aujourd'hui 12 Juin, la Chambre de première instance VII de la CPI a ordonné la mise en liberté provisoire sous conditions spécifiques de Jean-Pierre Bemba", a déclaré la Cour dans un communiqué parvenu à Anadolu.
Bemba, arrêté en 2008 en Belgique, avait été condamné en première instance, 8 ans plus tard (2016), à 18 ans de prison pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité, commis par sa milice , le Mouvement pour la libération du Congo (MLC) en Centrafrique entre 2002 et 2003.
Pendant cette période, Bemba aurait déployé en Centrafrique un millier d'hommes de sa milice pour soutenir le président Ange-Félix Patassé, face à une tentative de coup d'Etat menée par le général François Bozizé.
La chambre d’appel s’est basée sur le fait que Bemba n’était pas sur le territoire centrafricain lors de la commission des crimes et n’avait pas le contrôle de ses troupes, un millier.
La chambre d’appel a alors soulevé de sérieuses erreurs commises par la chambre de première instance et prononcé son acquittement, mais le Congolais est resté en détention en raison d'une seconde affaire, dans laquelle il a été reconnu coupable (fin mars 2017), de subornation des témoins dans l'affaire principale.
Il avait été condamné à un an de prison supplémentaire dans cette affaire et avait fait appel en 2017.
La liberté provisoire de Bemba est assortie de certaines "conditions spécifiques", indique la Cour.
Il doit "s'abstenir de faire des déclarations publiques sur cette affaire, de ne pas changer d'adresse sans préavis, de ne contacter aucun témoin dans cette affaire, et de se conformer pleinement à toutes les ordonnances dans cette affaire et de se rendre immédiatement aux autorités compétentes si la Chambre de première instance l'exigeait", ajoute le même texte.
Jean-Pierre Bemba, la cinquantaine, "a quitté le centre de détention avec toutes ses affaires et va passer la nuit en famille dans la capitale Belge", a déclaré son avocat, Aimé Kilolo, joint par Anadolu.