Lassaad Ben Ahmed
25 Octobre 2018•Mise à jour: 25 Octobre 2018
AA / Bujumbura / Yvan Rukundo
L’Union européenne (UE) a décidé, jeudi, de renouveler jusqu'au 31 octobre 2019 les sanctions contre le Burundi, a-t-on appris d’un communiqué de presse, rendu public jeudi par le Conseil européen.
« Ces mesures consistent en une interdiction de pénétrer sur le territoire de l'Union européenne et en un gel des avoirs de quatre personnes dont les activités ont été considérées comme compromettant la démocratie ou faisant obstacle à la recherche d'une solution politique à la crise burundaise», a souligné le Conseil dans ce communiqué
Il a également dénoncé des actes de violence, de répression et d'incitation à la violence, ainsi que des actes constituant des atteintes graves aux droits de l'homme.
En outre, l’UE estime que le fait qu’il n’y a pas eu de progrès en ce qui concerne les quatre personnes visées suffit pour renouveler ces sanctions.
Pour rappel, l’UE a pris des sanctions ciblées, le 1er octobre 2015, contre trois officiers proches du pouvoir, à savoir Godefroid Bizimana, directeur général adjoint de la police nationale, Général Gervais Ndirakobuca alias Ndakugarika, et Mathias-Joseph Niyonzima alias Kazungu, un agent du service national des renseignements (SNR).
La 4e personne est le Général Léonard Ngendakumana, cité dans le putsch manqué du 13 mai 2015, aujourd’hui en exil.
Via ce communiqué, l’UE se dit également vivement préoccupée par la situation des droits humains au Burundi qui nuit à toute initiative de réconciliation, de paix et de justice. Elle cite particulièrement la persistance d’exécutions extrajudiciaires et d'arrestations arbitraires.
« Depuis le début de la crise au Burundi, l'UE a affirmé que seul un dialogue débouchant sur un consensus, dans le respect de l'Accord d'Arusha pour la paix et la réconciliation de 2000 et de la Constitution du Burundi, permettra de trouver une solution politique durable dans l'intérêt de la sécurité et la démocratie pour tous les Burundais», a précisé le communiqué.
Cette décision intervient le jour même qu’a eu lieu à Arusha, le lancement officiel du 5ème round du dialogue inter-burundais, boudé par Bujumbura.
Or, pour William Benjamin Mkapa, ancien président tanzanien et facilitateur dans la crise burundaise, ‘’ il s’agit du dernier round du dialogue, pour mettre en place une feuille de route pour les élections de 2020’’.
Par le biais de son porte-parole Prosper Ntahorwamiye, Bujumbura a, d’ailleurs, déjà annoncé, jeudi, que ‘’les résultats de ce round ne l’engagent pas’’.
Depuis plus de trois ans, le Burundi traverse une grave crise politique et sécuritaire, liée au troisième mandat du président Pierre Nkurunziza, qu’il a brigué en 2015, un mandat jugé illégal par l’opposition et la société civile.
Les violences générées par cette crise ont déjà fait plus d'un millier de morts et poussé près de 400.000 personnes à fuir le pays, selon le rapport de l’agence de l’ONU pour les réfugiés (UNHCR) publié le 30 septembre 2018.