Nadia Chahed
18 Janvier 2017•Mise à jour: 18 Janvier 2017
AA/Bamako/Moussa Bolly
La Mission onusienne au Mali (Minusma) a fermement, condamné, mercredi, "l'attaque lâche et ignoble" qui a visé, plus tôt dans la journée, un camp militaire à Gao ( Nord), faisant des dizaines de morts et de blessés.
"Ce matin, peu avant 09h00, un véhicule s’est fait exploser à l’intérieur du camp du MOC (Mécanisme opérationnel de coordination) à Gao. Le camp abrite les éléments des Forces armées maliennes, de la Plateforme et de la Coordination des Mouvements de l’Azawad (600 au total), qui sont censés mener les patrouilles mixtes envisagées par l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali", précise la Minusma dans un communiqué publié sur son site.
Elle ajoute que 'les circonstances précises restent à être déterminées".
"Prévu par l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, le MOC est chargé de la planification et de la conduite des patrouilles mixtes, associant les Forces armées maliennes ( Fama) , la Coordination des mouvements de l'Azwad ( CMA) et de la Plateforme pro-Bamako, avec l’appui de la Minusma et des forces internationales, afin d’assurer la sécurité dans le Nord du Mali", rappelle encore la Minusma, réitérant son "soutien au processus de paix".
Au moins 35 personnes ont trouvé la mort dans un attentat à la voiture piégée, qui a visé mercredi matin, un camp du Mécanisme opérationnel de commandement (MOC) à Gao, a appris Anadolu, plus tôt dans la journée de mercredi auprès d'une source militaire locale.
Selon des sources locales, notamment de l'hôpital de Gao où les victimes ont été acheminées, le bilan de l'attentat serait beaucoup plus lourd et avoisinerait les 80 morts.
Le gouvernement malien a décrété un deuil national de trois jours st le ministre malien de la Défense, Abdoulaye Idrissa Maïga, a été dépêché sur les lieux , a annoncé la Présidence malienne sans livrer de bilan.
Aucune partie n'a encore revendiqué l'attaque, mercredi à 13h30 GMT.
Lancé depuis quelques semaines, en prélude à la mise en place du processus de désarmement-démobilisation-réinsertion (DDR), le MOC, regroupe des militaires des forces armées malienne, de la Coordination des Mouvement de l'Azawad (CMA) et de la Plateforme pro-Bamako, qui conduisent patrouilles mixtes dans le Nord du mali.
Ces patrouilles visent également à renforcer la confiance entre les forces gouvernementales et des groupes signataires de l’Accord de paix.
A la suite d'une rébellion et d'un coup d’Etat militaire, le Nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes extrémistes liés à Al-Qaïda, à la faveur de la déroute de l’armée républicaine.
Ces groupes ont été en grande partie chassés à la suite du lancement en 2013, à l’initiative de la France, d’une intervention militaire internationale, qui se poursuit actuellement. Mais des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes et étrangères, régulièrement visées par des attaques meurtrières, malgré la signature de l’accord de paix, censé isoler définitivement les extrémistes, et dont l’application trébuche encore.