Nord-Mali: deuil national de trois jours (présidence)
-Au moins 35 personnes ont trouvé la mort dans un attentat à la voiture piégée, qui a visé mercredi matin un camp militaire à Gao, selon une source sécuritaireNadia Chahed
18 Janvier 2017•Mise à jour: 18 Janvier 2017
BamakoAA/Bamako/ Moussa Bolly
Un deuil national de trois jour a été décrété, mercredi, au Mali à la suite de l'attentat suicide qui a visé plus tôt dans la journée, un camp militaire à Gao (Nord), a annoncé la présidence malienne.
"Le Président de la République SEM Ibrahim Boubacar Keïta, décrète un deuil national de trois jours. Le Ministre de La Défense, Abdoulaye Idrissa Maïga, se rend à Gao, à la tête d'une délégation,", indique la présidence dans une publication sur son compte facebook officiel sans donner aucun bilan de l'attaque.
Au moins 35 personnes ont trouvé la mort dans un attentat à la voiture piégée, qui a visé mercredi vers 09h00 GMT, un camp du Mécanisme opérationnel de commandement (MOC) à Gao, a appris, plus tôt, dans la journée de mercredi, Anadolu auprès d'une source militaire locale.
Une voiture chargée d'explosifs et conduite par un kamikaze a foncé sur le Camp du MOC, abritant des éléments des forces armées maliennes, de la Coordinataion des Mouvements de l'Azawad et de la Plateforme pro-Bamako, a précisé la même source qui a préféré garder l'anonymat.
L’attentat a été «bien planifié» d’autant qu’il a eu lieu à l’heure du rassemblement des troupes, avait ajouté la source sécuritaire, expliquant que "tous les jours, il y a un rassemblement entre 8h et 8h30 GMT, pour faire le point sur les patrouilles de la nuit précédente et planifier les activités de la journée".
Selon d'autres sources locales, notamment de l'hôpital de Gao où les victimes ont été acheminées, le bilan de l'attentat serait beaucoup plus lourd et avoisinerait les 80 morts.
Aucune partie n'a encore revendiqué l'attaque, mercredi à 12h20 GMT.
Lancé depuis quelques semaines, en prélude à la mise en place du processus de désarmement-démobilisation-réinsertion (DDR), le MOC, regroupe des militaires des forces armées malienne, de la Coordination des Mouvement de l'Azawad (CMA) et de la Plateforme pro-Bamako, qui conduisent patrouilles mixtes dans le Nord du mali.
Ces patrouilles visent également à renforcer la confiance entre les forces gouvernementales et des groupes signataires de l’Accord de paix.
A la suite d'une rébellion et d'un coup d’Etat militaire, le Nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes extrémistes liés à Al-Qaïda, à la faveur de la déroute de l’armée républicaine.
Ces groupes en ont été en grande partie chassés à la suite du lancement en 2013, à l’initiative de la France, d’une intervention militaire internationale, qui se poursuit actuellement. Mais des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes et étrangères, régulièrement visées par des attaques meurtrières, malgré la signature de l’accord de paix, censé isoler définitivement les extrémistes, et dont l’application trébuche encore.