Lassaad Ben Ahmed
16 mai 2018•Mise à jour: 16 mai 2018
AA / Addis-Abeba / Bouazza Ben Bouazza
La 51e Conférence des ministres de la Commission économique pour l’Afrique de l’ONU (CEA), organisée pendant quatre jours à Addis Abeba (Éthiopie) a pris fin mardi.
Elle a été axée sur les moyens de tirer profit de l'accord portant création d'une zone de libre-échange continentale (ZLECA ou AfCFTA) signé à Kigali (Rwanda).
Signé par 44 Etats africains, il a été ratifié jusqu’ici par le Ghana, le Niger, le Kenya et le Rwanda. Le traité doit être ratifié par 22 pays pour prendre effet.
Selon un communiqué dont l'agence Anadolu a reçu copie, Vera Songwe, secrétaire exécutive de la CEA, a réaffirmé lors de la séance de clôture, l’engagement de son organisation à accompagner les gouvernements dans le renforcement de l’intégration économique.
La conférence a reconnu le rôle prédominant du renforcement des capacités humaines et institutionnelles qui permettrait à la ZLECA de répondre aux besoins du continent en matière de développement.
«L’Afrique attend. Nous avons de nombreux défis à relever, mais nous sommes sur la bonne voie pour les résoudre grâce à la ZLECA», a-t-elle noté.
La zone de libre-échange continentale représente un PIB total de plus de 3.000 milliards de dollars, ainsi que 300.000 emplois directs et 2 millions d’emplois indirects, selon l’Union africaine.
Lors d'un débat qui a précédé la clôture des travaux, le Professeur Emmanuel Nnadozie, secrétaire exécutif de la Fondation pour le renforcement des capacités en Afrique (ACBF) a exhorté les nations africaines à développer leurs capacités afin de mettre en œuvre ce plan ambitieux.
Il a souligné l’importance de développer les compétences nécessaires à l’exécution de l’AfCFTA. «Les capacités sont au cœur de la mise en œuvre et de l’optimisation de la l’AfCFTA », a-t-il souligné.
«L’accord transformera l’Afrique s’il est bien mis en place», a-t-il assuré.
«En Afrique, nous sommes très forts pour conceptualiser, concevoir et même ratifier des accords et politiques (...), mais nous avons des difficultés à les mettre en œuvre. C’est pourquoi nous insistons sur l’importance de former des hommes et des femmes d’Afrique pour mettre en place l’AfCFTA», a-t-il expliqué.
«Cela doit concerner les secteurs public et privé, les universitaires et la société civile, tous les niveaux de la société en réalité», a précisé le secrétaire exécutif de l’ACBF.
Selon les modèles et les scénarios présentés par la CEA, le continent deviendra la plus grande zone de libre-échange du monde avec un marché de 1,2 milliard de consommateurs.
De son côté, Albert Muchanga, commissaire du Commerce et de l’Industrie de l’Union Africaine, a demandé à l’ACBF d’aider son organisation en concevant un modèle qui permettrait aux États membres d’obtenir des revenus significatifs grâce à la suppression des obstacles au commerce intra-africain.
«Avec le commerce transfrontalier sur notre continent, l’AfCFTA devrait générer quelque 60 milliards de dollars s’il est bien mis en place».
David Luke, directeur du Centre de politiques pour le commerce en Afrique de la CEA, a pour sa part affirmé que les échanges entre les 54 États africains augmenteraient si tous les gouvernements mettent en œuvre l’AfCFTA.
«L’AfCFTA a le potentiel de faire passer le commerce intra-africain à plus de 52 pour cent, simplement en supprimant les droits d’importation», a-t-il déclaré.
«Nous estimons que les avantages seront multipliés par deux si des mesures de facilitation du commerce réduisent encore davantage les frais hors droits de douane», a-t-il ajouté.