AA / Conakry / Boussouriou Bah
En Guinée, l’augmentation des prix des denrées de première nécessité est devenue une tradition chez les commerçants pendant le mois de Ramadan.
Pour changer la donne cette année, une plateforme a été mise en place par des jeunes développeurs, permettant d’afficher tous les prix des denrées de première nécessité durant le mois de Ramadan.
Ce service, selon ses initiateurs, permet d’éviter la fixation des prix de façon arbitraire par les commerçants.
Créée en 2016, Agroinvest est une société de droit guinéen filiale de Banki Group qui évolue dans le secteur de l'agrobusiness dont l’ambition consiste à contribuer au développement de ce secteur.
Elle vient de lancer une application mobile (USSD) dénommée M-MAKITI destiné au milieu rural.
L’idée du projet est née des plaintes des producteurs agricoles sur le manque d’information dans le secteur. Elle colle, ainsi, à la réalité du terrain.
Dans cet élan, cette année, Banki Group veut contrôler le prix des denrées de première nécessité sur le marché.
‘’Nous sommes à plus de 95% de musulmans en Guinée. Il ne faut pas qu’on se comporte comme des non-croyants’’, indique Oumar Thiam, l’un des initiateurs de cette plateforme au micro d’Anadolu.
‘’Nous savons tous que le pouvoir d’achat du Guinéen est très faible. Avec cette situation, il peut forcément y avoir un impact sur le panier de la ménagère et réduit la demande sur le marché’’, constate Mamadou Bah, PDG de Banki Group.
"A travers notre plateforme, indique-t-il, nous visions à améliorer les conditions d’échange pour les Guinéens notamment les paysans, en leur permettant de connaître les prix, afin qu’ils puissent planifier leurs dépenses et suivre l’évolution du marché’’.
‘’Notre plateforme permet aux musulmans de connaître les prix pour faire le meilleur choix du marché. Aussi, cela permettra d’éviter que les commerçants fixent les prix à leur guise’’, ajoute-t-il.
Pour toucher plus de Guinéens, la nouvelle application mise sur la simplicité.
‘’Durant tout le mois de Ramadan, les musulmans peuvent consulter tous les prix du marché en composant le code USSD *113# sur leurs téléphones portables, sans connexion internet’’, indique-t-il.
‘’Nous allons continuer à sensibiliser les gens pour rendre utile et indispensable notre service’’, affirme-t-il.
Aux autorités guinéennes, sollicite-t-il, ‘’nous leur demandons de nous aider à la vulgarisation du service auprès des acteurs du milieu rural’’.
A l’Etat de ‘’régulariser davantage les prix, pour permettre aux citoyens de le situer sur le marché. Cela nous permettra de dénoncer les commerçants fraudeurs qui ne respectent pas les prix fixés par l’Etat’’.
Du côté du Groupe organisé des Hommes d’affaires (GOHA), on demande aux opérateurs économiques à penser aux pauvres guinéens, pendant le mois saint de Ramadan.
‘’Nous savons que le port et la douane sont chers. Mais nous prions tous les opérateurs économiques d’accepter de vendre à des prix raisonnables, à défaut de les abaisser pendant le mois saint de Ramadan. Les prix des denrées de première nécessité doivent être stables. On ne doit pas augmenter le prix’’, invite Cherif Abdallah, président du GOHA.
‘’Tout ce qu’on n’a pas trouvé pendant 11 mois, il nous faut le chercher pendant le mois de Ramadan. Il faut avoir l’esprit du sacrifice pour aider tous les citoyens à passer ce mois dans de très bonnes conditions’’, ajoute-t-il.
Saluant la mise en place de cette plateforme, il dira que : ‘’Toute initiative visant à maintenir les prix est à saluer. Nous demandons le concours de tout le monde’’.
A noter que l’augmentation des prix pendant le mois Saint de Ramadan inquiète le président Alpha Condé.
Jeudi, 3 mai, au cours d’une visite du marché d’Avaria (Conakry), il a déploré l’attitude des commerçants guinéens.
‘’A l’approche de Ramadan (prévu jeudi), les opérateurs économiques haussent les prix des denrées de première nécessité. Ils ne le font que pendant le mois de Ramadan’’, déplore le Chef de l’Etat guinéen.
En Guinée, il n’y aucune régularisation des prix de la part des autorités guinéennes dans le marché.
Chaque commerçant peut, à sa guise, fixer les prix de ses marchandises. Une situation qui se répercute sur le panier ménagère notamment sur les denrées de premières nécessités à savoir le riz, le sucre, l’huile, le maïs, le fonio, le manioc et la farine.