AA/Dakar(Sénégal)/Babacar Dione
Des affrontements ont opposé vendredi à Dakar la Police et des militants de l’opposition dirigés par le Parti démocratique sénégalais (Pds), l’ancienne formation politique au pouvoir (2000-2012).
L’opposition voulait tenir meeting à la place de l’Obélisque pour exiger la libération de Karim Wade, le fils de l’ancien président et d’autres responsables de l’opposition arrêtés dans le cadre des enquêtes sur la traque des biens présumés mal acquis. Le Préfet de Dakar à travers un communiqué avait interdit cette manifestation pour « risques de troubles à l’ordre public », mais le Pds avait averti qu’il allait marcher avec ou sans autorisation de l’autorité administrative.
La police a lancé des grenades lacrymogènes contre la centaine de personnes qui avaient commencé à s’installer au site où devait se tenir la rencontre. En réponse, les manifestants ont jeté des pierres.
Oumar Sarr, le coordonnateur du Pds et Me Amadou Sall, un des avocats de Karim Wade ont été arrêtés par les policiers. Les forces de l’ordre ont repoussé les manifestants et quadrillé le site où devait se tenir le meeting.
« Non à la dictature rampante. Il faut libérer les détenus politiques », ont scandé les manifestants. « La forte mobilisation prouve que le pouvoir a peur. Nous sommes en démocratie. Le droit à la manifestation est autorisé par la Constitution » a lancé Amadou Dieng, un jeune manifestant. « Macky Sall est un dictateur. Depuis son arrivée au pouvoir, les interdictions de marche sont récurrentes. Il faut que cela cesse. Nous sommes dans un pays de démocratie et de liberté », a lancé Aminata, une jeune manifestante.
Le Pds et les autres partis de l’opposition ont promis « le feu au pouvoir a pris en otage ses responsables politiques à travers des dossiers judiciaires ». Selon le communiqué qu’ils ont publié, l’ancien président sera à Dakar pour participer aux séries de manifestations.
Le pouvoir dirigé par le président Sall a promis de « ne pas se laisser faire ». « Nous allons apporter une réponse politique. L’Etat va sévir en même temps », a averti le responsable des jeunes de l’Alliance pour la République, le parti du président Sall.
Le parti du président Sall est même allé plus loin. Dans un communiqué publié vendredi, l’Apr « exhorte le Gouvernement à veiller scrupuleusement au respect de l’Etat de Droit, à la protection des Biens et des personnes, dans le strict respect des lois en vigueur dans notre pays, de la démocratie et des Valeurs de la République ».