AA/Dakar/ Babacar Dione
Le président tchadien déchu, Hissein Habré, a déclaré, mardi, deuxième jour de son procès devant un tribunal africain spécial à Dakar, être victime d’un complot et affirmé que "ce complot échouera", selon le correspondant de Anadolu.
Habré s'est, ainsi, exprimé dans une brève déclaration aux médias à sa sortie du tribunal escorté par quatre gardes penitentiers et poursuivi par des journalistes, après la suspension de son procès, qui se poursuivait mardi à Dakar.
Face aux applaudissements d'environ une dizaine de jeunes venus le soutenir, l’ex-président tchadien a fait le V de la victoire.
Avant la suspension de la séance qui devra reprendre demain mercredi, avec l’audition des témoins et des experts, les greffiers de la Cour ont procédé à la lecture de l’ordonnance de mise en accusation, un document de 187 pages qui "retrace les crimes commis sous le régime d’Hissein Habré de 1982 à 1990".
Les juges ont énuméré plusieurs chefs d’accusation contre Habré, notamment, des " homicides volontaires, pratique massive et systématique d’exécutions sommaires, enlèvement de personnes suivi de disparition et torture contre des populations civiles".
Pour établir ces chefs d'accusation, les enquêteurs se sont basés sur les témoignages de victimes et les rapports des experts.
Hissène Habré a été conduit de force à la barre, lundi, jour de reprise de son procès à Dakar.
Jugé par un tribunal spécial africain pour "crimes contre l’humanité", Habré avait, comme au premier jour de son procès, le 20 juillet, encore une fois refusé de se présenter à la barre, lundi.
L’audience avait vite été suspendue par le président de la Cour, le Burkinabè Gberdao Gustave Kam qui a ordonné de faire comparaître de force l'accusé.
Le procès de Hissène Habré est conduit par les Chambres africaines extraordinaires (CAE), tribunal spécial créé en vertu d'un accord entre le Sénégal et l'Union africaine (UA).
Au lendemain de son ouverture le 20 juillet dernier, ce procès a été reporté de 45 jours afin de permettre aux avocats commis d'office pour la défense de prendre connaissance du dossier.
Après 45 jours de suspension, le procès a repris lundi à Dakar en présence d’une centaine de personnes dont les victimes et les partisans de Habré alors qu'un important dispositif sécuritaire a été déployé autour et à l'entrée du tribunal.
Hissène Habré a dirigé le Tchad de 1982 à 1990, avant d'être renversé par l'actuel président Idriss Deby Itno. Depuis sa chute, il a vécu en exil au Sénégal. Toutefois, après 19 mois d'instruction, les Chambres africaines extraordinaires l'ont inculpé, en juillet 2013, pour "crimes de guerre", "crimes contre l'humanité" et "crimes de torture" qui auraient été commis à l'époque où il était au pouvoir, et l’ont placé en détention provisoire.