AA/Dakar/Babacar Dione
Hissène Habré, président tchadien déchu, a été conduit de force à la barre, lundi, jour de reprise de son procès à Dakar.
Jugé par un tribunal spécial africain pour "crimes contre l’humanité", Habré a, comme au premier jour de son procès, le 20 juillet, encore une fois refusé de se présenter à la barre, lundi.
L’audience a vite été suspendue par le président de la Cour, le Burkinabè Gberdao Gustave Kam qui a ordonné de faire comparaître de force l'accusé.
C'est en scandant "à bas le néocolonialisme. Vive l'indépendance" qu'Hissène Habré a, finalement, été conduit de force à la barre par quatre gardes, a constaté le correspondant de Anadolu.
Certains de ses partisans présents dans la salle criaient: "arrêtez la mascarade" et ont vite été maitrisés par les gendarmes qui les ont conduits en dehors de la salle d’audience.
Le procès de Hissène Habré est conduit par les Chambres africaines extraordinaires (CAE), tribunal spécial créé en vertu d'un accord entre le Sénégal et l'Union africaine (UA).
Au lendemain de son ouverture le 20 juillet dernier, ce procès a été reporté de 45 jours afin de permettre aux avocats commis d'office pour la défense de prendre connaissance du dossier.
Après 45 jours de suspension, le procès a repris lundi à Dakar en présence d’une centaine de personnes dont les victimes et les partisans de Habré alors qu'un important dispositif sécuritaire a été déployé autour et à l'entrée du tribunal.
Hissène Habré a dirigé le Tchad de 1982 à 1990, avant d'être renversé par l'actuel président Idriss Deby Itno. Depuis sa chute, il a vécu en exil au Sénégal. Toutefois, après 19 mois d'instruction, les Chambres africaines extraordinaires l'ont inculpé, en juillet 2013, pour "crimes de guerre","crimes contre l'humanité" et "crimes de torture" qui auraient été commis à l'époque où il était au pouvoir, et l’ont placé en détention provisoire.