Nadia Chahed
14 Août 2021•Mise à jour: 14 Août 2021
AA/ Kinshasa/Pascal Mulegwa
Un journaliste d’une radio communautaire a été tué, dans la nuit de vendredi à samedi, par des hommes armés, en Ituri, dans le Nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), a annoncé son média.
Joel Musavuli, Directeur de la Radiotélévision Communautaire de Biakato (Ituri) a été abattu. On ne sait pas encore qui l’a tué. Il a été achevé par une arme blanche. Les premiers témoins parlent d’une mort à coups de machette, a déclaré à l’agence Anadolu, Joseph Mutokambali, rédacteur en chef de la Radio.
En novembre 2019, en pleine flambée de l’épidémie d’Ebola, Il était déjà contraint avec 8 autres journalistes de vivre en clandestinité à cause des menaces proférées à leur encontre par des groupes armés.
Ces journalistes étaient menacés par les groupes armés pour leur implication dans la sensibilisation des habitants au respect des mesures barrières contre la dixième épidémie d'Ebola alors que les habitants remettaient en cause l'existence même de la maladie.
Joël Musavuli est le troisième journaliste tué en trois mois dans les deux provinces placées sous état de siège. Deux journalistes avaient été tués au Nord - Kivu, depuis mai dernier.
Les deux provinces ont été placées sous état de siège par le Président Felix Tshisekedi pour tenter d’endiguer la violence des groupes armés.
Le principal mouvement citoyen congolais, Lucha, a affirmé que 533 personnes ont été tuées en trois mois dans les deux provinces, "soit une moyenne de six civils tués par jour".
Trois mois après, "la violence venant des groupes armés et des éléments de l'armée s'est intensifiée, les droits des citoyens sont de plus en plus piétinés et l'administration locale est complètement à l'arrêt", a estimé la Lucha, dans un communiqué.
Le mouvement a appelé les autorités à lever l’état de siège ou, à défaut à "démilitariser complètement les administrations publiques", "rétablir les juridictions civiles" ou encore "écarter" les militaires "soupçonnés de violations graves des droits humains, de collusion avec les groupes armés ou de trafics divers".