Négociations commerciales en France : les délégations américaine et chinoise s'accordent sur le maintien des tarifs
- Le représentant chinois au commerce international a précisé que les deux parties s'étaient accordées sur le maintien des niveaux de tarifs convenus lors des négociations précédentes
Beijing
AA / Pékin / Emre Aytekin
Les délégations américaine et chinoise ont annoncé s'être accordées, lors du nouveau cycle de négociations mené en France pour résoudre les tensions commerciales exacerbées par des hausses de tarifs mutuelles, sur le maintien des niveaux de tarifs devenus incertains après que la Cour suprême américaine a statué que la loi sur laquelle le président Donald Trump s'était appuyé pour augmenter les droits de douane ne lui en conférait pas le pouvoir.
Le représentant chinois au commerce international, Li Chenggang, s'est exprimé devant la presse à l'issue des négociations économiques et commerciales tenues à Paris.
Indiquant que les délégations chinoise et américaine avaient eu des contacts « approfondis, constructifs et sincères », Li a précisé que les deux parties s'étaient accordées sur le maintien des niveaux de tarifs convenus lors des négociations précédentes.
Li Chenggang a souligné que les deux parties avaient mis en avant le caractère « bénéfique » de relations économiques et commerciales stables entre la Chine et les États-Unis, tant pour les deux pays que pour le monde, ajoutant qu'elles avaient discuté de la création d'un mécanisme de travail bilatéral pour promouvoir la coopération commerciale et en matière d'investissement.
Sur la position de la Chine concernant les enquêtes lancées en vertu de l'article 301 de la loi commerciale américaine, Li a souligné leur opposition à de telles enquêtes unilatérales.
Le représentant chinois a déclaré : « Nous suivrons ces enquêtes de près et prendrons des mesures en temps utile pour protéger les intérêts légitimes de la Chine. »
Les parties se sont réunies pour le 6e cycle de négociations
Les États-Unis et la Chine se sont réunis les 15 et 16 mars à Paris pour le 6e cycle de négociations économiques et commerciales.
La délégation chinoise était conduite par le vice-Premier ministre chargé des relations économiques He Lifeng, et la délégation américaine par le secrétaire au Trésor Scott Bessent.
Le sort des tarifs était au cœur des interrogations
La Cour suprême américaine avait statué le 20 février que la loi sur les pouvoirs économiques d'urgence internationaux (IEEPA), sur laquelle s'appuyaient les tarifs mis en place par le président Trump, ne conférait pas au président le pouvoir d'imposer des droits de douane.
À la suite de cette décision, les droits de douane imposés par le président américain Donald Trump dans le cadre des « tarifs réciproques » à de nombreux pays l'année précédente étaient devenus juridiquement incertains, et des milliers d'entreprises avaient intenté des poursuites contre l'administration américaine pour obtenir le remboursement des taxes versées.
L'administration de Washington avait alors annoncé, le 11 mars, le lancement d'enquêtes en vertu de l'article 301 de la loi commerciale américaine à l'encontre de 16 économies, dont la Chine, l'Union européenne, le Mexique et l'Inde, invoquant « l'excédent de capacité structurelle dans le secteur manufacturier », puis le 12 mars à l'encontre de 60 économies, dont la Chine, pour « insuffisance dans l'interdiction et l'application effective de l'interdiction des importations de marchandises produites par le travail forcé », afin de placer les tarifs sur une nouvelle base juridique.
La Chine avait pour sa part soutenu que ces enquêtes étaient unilatérales et violaient les règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).
L'article 301 de la loi commerciale américaine de 1974 confère au président américain le pouvoir de prendre des mesures appropriées, tarifaires et non tarifaires, y compris des mesures de représailles, pour contrecarrer les effets de tout acte, politique ou pratique d'un gouvernement étranger violant une loi internationale.
Trump visitera la Chine fin mars
Les relations entre les États-Unis et la Chine avaient été marquées l'année précédente par une série de différends croissants, liés d'un côté aux tarifs et aux restrictions technologiques imposés par l'administration de Washington, et de l'autre aux mesures prises par la Chine pour contrôler les terres rares, qui jouent un rôle crucial dans l'approvisionnement mondial.
Les délégations des deux pays s'étaient réunies l'année précédente pour mener des négociations à Genève en mai, à Londres en juin, à Stockholm en juillet, à Madrid en septembre et à Kuala Lumpur en octobre.
Le président américain Trump et le président chinois Xi Jinping s'étaient rencontrés le 30 octobre 2025 à Busan, en Corée du Sud.
Par ailleurs, la Maison-Blanche avait annoncé que le président américain Trump se rendrait en Chine du 31 mars au 2 avril.
* Traduit du turc par Mariem Njeh
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