Monde, Économie

La Suisse se dit prête à freiner l’appréciation du franc face aux risques liés à la guerre en Iran

- La Banque nationale suisse maintient son taux directeur à 0 % et se dit prête à intervenir davantage sur les marchés des changes pour empêcher une appréciation excessive du franc dans un contexte de tensions géopolitiques accrues

Mucahithan Avcioglu  | 20.03.2026 - Mıse À Jour : 20.03.2026
La Suisse se dit prête à freiner l’appréciation du franc face aux risques liés à la guerre en Iran

Istanbul

AA / Istanbul / Mucahithan Avcioglu

La Banque nationale suisse (BNS) a indiqué jeudi qu’elle est davantage disposée à intervenir sur les marchés des changes afin de contrer une appréciation excessive du franc suisse, alors que les tensions géopolitiques liées à la guerre en Iran renforcent la demande pour les valeurs refuges.

La BNS a maintenu son taux directeur inchangé à 0 %, conformément aux attentes du marché, soulignant que l’incertitude accrue liée au conflit au Moyen-Orient a renforcé sa volonté d’agir sur les marchés des devises.

« Compte tenu du conflit au Moyen-Orient, la volonté de la BNS d’intervenir sur le marché des changes a augmenté », a déclaré la banque centrale dans son évaluation de politique monétaire.

Elle a ajouté que ces interventions visent à prévenir une « appréciation rapide et excessive » du franc suisse, susceptible de menacer la stabilité des prix en Suisse.

Le franc suisse, traditionnellement considéré comme une valeur refuge, bénéficie du climat d’incertitude sur les marchés. Une monnaie trop forte peut peser sur les exportations suisses et accentuer les pressions déflationnistes sur l’économie.

Le taux d’inflation annuel en Suisse s’établit à 0,1 %, laissant une marge limitée pour de nouvelles baisses de taux sans revenir à des taux négatifs, en vigueur pendant plusieurs années jusqu’en 2022. Dans ce contexte, les interventions sur le marché des changes restent l’un des principaux leviers de la BNS pour freiner l’appréciation du franc.

La position de la banque centrale pourrait toutefois susciter une nouvelle attention des États-Unis, qui ont déjà critiqué les pratiques monétaires de la Suisse.

L’an dernier, le département du Trésor américain a placé la Suisse sur une liste de surveillance des économies dont les pratiques de change et les politiques macroéconomiques nécessitent un suivi étroit. Les autorités suisses ont rejeté les accusations de manipulation monétaire.

Les États-Unis ont également imposé un droit de douane de 39 % sur les produits suisses l’an dernier, en invoquant ces pratiques et des barrières commerciales. Ce taux a ensuite été ramené à 15 % après un accord entre les deux pays.

La Suisse fait depuis l’objet d’un nouvel examen après que l’administration Trump a lancé la semaine dernière une enquête au titre de la section 301 visant 16 partenaires commerciaux, avec la possibilité de nouvelles mesures si leurs politiques sont jugées restrictives pour le commerce américain.

Dans son communiqué, la BNS a indiqué que si la hausse des prix de l’énergie accroît les risques inflationnistes à court terme, ses perspectives d’inflation à moyen terme restent « pratiquement inchangées ».

Les tensions au Moyen-Orient demeurent élevées depuis que les États-Unis et Israël ont lancé une campagne militaire d’envergure contre l’Iran, faisant plus de 1 300 morts à ce jour, dont le guide suprême Ali Khamenei.

L’Iran a riposté par des attaques de drones et de missiles à travers la région et a, dans les faits, fermé à la plupart des navires le détroit d’Ormuz, un passage stratégique pour le pétrole par lequel transitent habituellement environ 20 millions de barils par jour, soit près de 20 % du commerce mondial de gaz naturel liquéfié.

*Traduit de l'anglais par Wafae El Baghouani


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