France : Roland Lescure assure qu’il n’y a « aucun problème d’approvisionnement à court terme » en pétrole
- « Je regrette d’avoir utilisé ce terme. Il concernait la situation mondiale et en aucun cas la situation française », déclare le ministre français de l’Économie, après avoir qualifié, mardi, la situation de « choc pétrolier »
Istanbul
AA / Istanbul / Ben Amed Azize Zougmore
Le ministre français de l’Économie a affirmé mercredi que la France ne faisait face à « aucun problème d’approvisionnement à court terme » en pétrole, malgré les tensions au Moyen-Orient et la forte volatilité des marchés énergétiques.
Lors du compte rendu du Conseil des ministres, tenu ce mercredi à Paris, le ministre français de l’Économie, Roland Lescure, a assuré que la France ne connaissait « aucun problème d’approvisionnement à court terme » en pétrole, en dépit de la dégradation de la situation au Moyen-Orient.
« On est à 97 % d’approvisionnement des stations-services en France », a déclaré le ministre, tout en soulignant que « le marché du pétrole » fait face à un déficit quotidien de « 11 millions de barils ».
Lors du Conseil des ministres, Emmanuel Macron a demandé « l’engagement total du gouvernement » face aux répercussions du conflit au Moyen-Orient, appelant les ministres à suivre la situation « avec la plus grande attention », à poursuivre les échanges avec les filières les plus exposées et à adapter les réponses de l’exécutif à l’évolution de la crise, a déclaré la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon.
Roland Lescure a estimé que le conflit en cours « a changé de nature », relevant que « 30 à 40 % des capacités de raffinage dans le Golfe sont aujourd’hui endommagées ou détruites ».
Le ministre est également revenu sur ses propos tenus la veille à l’Assemblée nationale, où il avait qualifié la situation de « choc pétrolier ».
« Je regrette d’avoir utilisé ce terme. Il concernait la situation mondiale et en aucun cas la situation française », a-t-il précisé mercredi.
Selon lui, la France est « mieux préparée » et « moins exposée » que d’autres pays, notamment en Asie.
« Le terme de choc est valable dans un certain nombre de pays asiatiques, où l’on observe des mesures de rationnement, des économies d’énergie ou encore la relance de centrales à charbon. On n’en est pas là en France, heureusement », a-t-il ajouté.
- Contrôles renforcés et hausse de la production de raffinage
Le gouvernement a indiqué avoir renforcé les contrôles sur les stations-service afin de vérifier le respect des obligations d’affichage des prix et l’évolution des marges des distributeurs.
À ce stade, environ 1 000 contrôles ont été réalisés, sans hausse notable du niveau d’anomalies par rapport à la période précédant la crise, selon l’exécutif.
Les autorités ont également indiqué que les marges des distributeurs « n’ont pas augmenté », contrairement à celles des raffineurs.
Dans ce contexte, les principales enseignes de la grande distribution – Auchan, Carrefour, Intermarché, Coopérative U et Leclerc – se sont engagées à maintenir des marges « extrêmement réduites » sur les carburants et à répercuter immédiatement toute baisse des coûts sur les consommateurs.
Par ailleurs, la France a demandé à ses raffineries d’augmenter leur production dans la limite de leurs capacités.
Le site de Gravenchon, présenté comme le deuxième site français de raffinage, va ainsi accroître sa production de 10 %, ce qui représente environ 12 000 tonnes de carburéacteurs et 15 000 tonnes de gazole supplémentaires, selon le gouvernement.
Roland Lescure a également précisé que 250 000 barils de gazole ont déjà été libérés à partir des stocks stratégiques, soit environ 0,3 % des réserves nationales de gazole, afin de répondre à des besoins ciblés dans certaines régions.
- Pas d’aide directe validée à ce stade
Interrogé sur une éventuelle aide pour les automobilistes les plus dépendants de leur véhicule, le gouvernement a indiqué qu’« aucune aide directe » n’avait été validée à ce stade.
La porte-parole du gouvernement, Sophie Primas, a expliqué que la réponse privilégiée restait, pour l’heure, un accompagnement « secteur par secteur », notamment pour les activités les plus exposées à la hausse des carburants, comme l’agriculture, la pêche et le transport.
Elle a toutefois reconnu les difficultés rencontrées par certains ménages modestes fortement dépendants de la voiture, tout en rappelant les contraintes budgétaires de l’État.
- Un projet de loi sécuritaire également présenté
Par ailleurs, le Conseil des ministres a également examiné mercredi un projet de loi sur la sécurité du quotidien, baptisé « Ripost », présenté par le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez.
Le texte prévoit un durcissement des sanctions contre plusieurs formes de délinquance du quotidien, notamment l’usage de stupéfiants, le protoxyde d’azote, les rodéos urbains et l’utilisation illégale de mortiers d’artifice, ainsi qu’un élargissement de certains pouvoirs d’enquête et de surveillance des forces de l’ordre.
Le gouvernement espère une adoption du texte à l’automne.
- Laurent Nunez se dit “extrêmement attentif” aux répercussions en France
De son côté, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, a affirmé que les autorités étaient « extrêmement attentives » aux « incidences » du conflit au Moyen-Orient sur le territoire national.
Interrogé sur une attaque menée au Royaume-Uni contre des ambulances de la communauté juive, il a assuré que le gouvernement suivait de près tout risque de répercussions en France.
