Politique, Économie

France : aides carburants jugées insuffisantes, l’exécutif prêt à renforcer le dispositif

- Face à la flambée des prix liée au conflit au Moyen-Orient, les secteurs réclament des mesures plus ambitieuses

Serap Doğansoy  | 30.03.2026 - Mıse À Jour : 30.03.2026
France : aides carburants jugées insuffisantes, l’exécutif prêt à renforcer le dispositif

Istanbul

AA / Istanbul / Serap Dogansoy

Les agriculteurs et les transporteurs ont jugé ce lundi insuffisantes les aides annoncées par le gouvernement pour compenser la hausse des carburants, tandis que l’exécutif a évoqué la possibilité d’un renforcement du dispositif si la crise se prolonge.

À l’issue d’un entretien à Matignon, le président de la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles), Arnaud Rousseau, a indiqué avoir sollicité un soutien accru face à la hausse du gazole non routier (GNR), carburant utilisé notamment dans les tracteurs.

Le gouvernement a annoncé une exonération de taxe sur ce carburant en avril, représentant une baisse d’environ 4 centimes par litre. Une mesure jugée « pas à la hauteur » par la FNSEA, qui réclame une aide de 30 centimes par litre, alors que les prix ont augmenté de 50 à 60 centimes.

Selon Arnaud Rousseau, le Premier ministre Sébastien Lecornu s’est dit « prêt à aller plus loin » si le conflit devait se poursuivre, avec un point d’étape prévu à la fin du mois.

Dans le secteur du transport, la mobilisation se poursuit également. Plusieurs opérations de ralentissement ont été menées lundi, notamment sur le périphérique parisien, à l’appel de l’Organisation des transporteurs routiers européens (Otre). Les professionnels jugent insuffisant le plan d’environ 70 millions d’euros annoncé par le gouvernement, dont 50 millions destinés aux entreprises en difficulté.

Le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a indiqué que ces aides pourraient être reconduites « si la situation perdure ».

Ces tensions interviennent dans un contexte de hausse marquée des prix de l’énergie, liée notamment au conflit au Moyen-Orient, qui perturbe les marchés et les approvisionnements. Les prix du gazole s’établissaient autour de 2,23 euros le litre, contre 1,72 euro fin février, selon les données officielles.

Les agriculteurs alertent également sur la hausse des engrais, dont les prix ont progressé de 20 à 30 % sur les marchés internationaux, accentuant la pression sur les coûts de production.

Le gouvernement exclut à ce stade une baisse générale des taxes sur les carburants, qui représentent environ la moitié du prix à la pompe, privilégiant des aides ciblées vers les secteurs les plus exposés.

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