Bruxelles - Prêt à l’Ukraine : l’UE sous pression face au blocage persistant de la Hongrie
- Viktor Orban conditionne son accord à la reprise des livraisons de pétrole russe, tandis que les Européens appellent à débloquer en urgence une aide de 90 milliards d’euros
Istanbul
AA / Istanbul / Serap Dogansoy
Les dirigeants de l’Union européenne (UE) se réunissent ce jeudi à Bruxelles pour tenter de débloquer un prêt de 90 milliards d’euros destiné à l’Ukraine, actuellement bloqué par la Hongrie, dont le Premier ministre Viktor Orban conditionne son accord à la reprise des livraisons de pétrole russe.
« La Hongrie aidera l’Ukraine quand nous aurons notre pétrole », a déclaré Viktor Orban à son arrivée au sommet, réaffirmant son opposition tant que l’oléoduc Droujba, une infrastructure majeure transportant du pétrole russe vers l’Europe centrale via l’Ukraine, ne sera pas remis en service.
Face à cette impasse, la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a jugé « vraiment, vraiment urgent » de mettre en œuvre ce prêt, estimant nécessaire de démontrer le soutien de l’UE à Kiev dans le contexte de la guerre avec la Russie.
Ce prêt, approuvé en principe en décembre, doit contribuer au financement des besoins de l’Ukraine pour les années 2026 et 2027. La Hongrie, ainsi que la Slovaquie et la République tchèque, avaient alors obtenu de ne pas y participer financièrement.
Depuis, Budapest bloque sa mise en œuvre, invoquant l’interruption des livraisons de pétrole via l’oléoduc Droujba, endommagé lors de frappes en Ukraine. Les autorités hongroises accusent Kiev de tarder à rétablir l’approvisionnement.
Les partenaires européens ont tenté de trouver un compromis en proposant une aide financière et l’envoi d’experts pour faciliter la remise en service de l’oléoduc, sans parvenir à infléchir la position hongroise.
Plusieurs dirigeants européens ont exprimé leur frustration face à ce blocage. « Nous devons mettre en œuvre le prêt à l’Ukraine », a déclaré le président français Emmanuel Macron, tandis que le chancelier allemand Friedrich Merz a rappelé le principe de « loyauté et de fiabilité » entre États membres.
Certains responsables européens estiment que la position de Viktor Orban s’inscrit dans le contexte de la campagne pour les élections législatives hongroises prévues le 12 avril, le Premier ministre cherchant à mobiliser son électorat sur des positions nationalistes.
Malgré les tensions, un accord immédiat n’est pas jugé indispensable, l’Ukraine disposant de financements suffisants jusqu’au mois de mai, selon des sources européennes.
Les discussions devraient se poursuivre dans les prochaines semaines, dans l’espoir de parvenir à un compromis après les élections hongroises.
