AA - Ankara - Nur Gülsoy
L'Iran doit changer son approche et retirer ses forces de combat au Yémen, en Syrie et en Irak, selon le président turc, Recep Tayyip Erdogan.
Le chef de l'Etat turc a tenu conjointement une conférence de presse avec son homologue ivoirien, Alassane Ouattara, qu'il a reçu jeudi à Ankara.
Erdogan a commenté la situation au Yémen et l'approche de l'Etat iranien au Moyen-Orient.
"Vous voyez ce qui se passe en Irak, a-t-il déclaré. On se mêle de Daech d'un côté, et des gardes de la révolution iranienne de l'autre. Est-ce convenable? (...) Pareil en Syrie. Peut-on défendre le soutien accordé au meurtrier de 300 000 personnes? Il est impossible qu'un être s'estimant 'musulman' aille soutenir ce meurtrier [président syrien, Bachar al-Assad]."
Erdogan a insisté sur le fait que l'Iran doit changer son approche et retirer les troupes qu'il déploie au Yémen, en Syrie et en Irak, tout en respectant l'intégrité territoriale de ces pays.
"L'Iran veut dominer cette région, dirait-on, a-t-il poursuivi. Peut-on permettre cela? Il a commencé à déranger tous les pays du Golfe et l'Arabie Saoudite. C'est intolérable. Il faut que l'Iran s'en rende compte."
Se déclarant contre tout conflit confessionnel tel que celui qui prévaut au Yémen, le président turc a dit ne pas pouvoir faire un commentaire militaire, notant cependant que "la Turquie est prête à contribuer en terme de logistique et de renseignement" à l'opération déclenchée mercredi au Yémen.
- Relations entre la Turquie et la Côté d'Ivoire
En réponse à une question sur la contribution de la Turquie au développement de la Côte d'Ivoire, Erdogan a rappelé que son pays s'est fixé quatres principes de développement qui sont l'éducation, la santé, la justice et la sécurité.
"La Côté d'Ivoire s'étale sur environ 220 km2, et compte environ 22 millions d'habitants, a précisé le président turc. L'infrastructure qui sera construite dans ce pays contribuera à son développement et à son émancipation. Nous, par exemple, étions un pays importateur de blé. Maintenant nous n'avons plus ce problème. Grâce à la perspective adoptée par Ouattara et ses expériences, le pays a fait un élan de développement. Il a offert à la Côte d'Ivoire un horizon différent pour l'avenir." a expliqué Erdogan.
- Terrorisme de Boko Haram
Erdogan a en outre condamné les actes terroristes commis par Boko Haram, rappelant que le terrorisme ne distingue pas de religion, d'identité ou de nationalité, et "abuse les valeurs d'une religion dont l'essentiel est la paix."