Ayşe Betül Akçeşme
30 Décembre 2020•Mise à jour: 30 Décembre 2020
AA / Ankara
Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, a annoncé la formation d'un groupe de travail commun à propos des sanctions américaines CAATSA.
Cavusoglu commentait, mercredi, la politique extérieure de la Turquie relative à l'année 2020.
Il a tout d’abord souligné que son pays a poursuivi sa politique extérieure “entrepreneuse et humanitaire” en 2020 malgré la pandémie du nouveau coronavirus (Covid-19).
“En 2020, la diplomatie a été notre priorité comme ça l’a toujours été. Cependant, nous sommes descendus sur le terrain lorsqu'il y a eu des blocages pour à nouveau ouvrir la voie du dialogue et de la diplomatie", a-t-il dit.
Ainsi, la Turquie a joué un rôle important au sujet de la Syrie, de la Libye, de la Méditerrannée Orientale, de la Chypre et du Haut Karabagh, d’après le chef de la diplomatie turque.
“Nous avons acquis d’importants apports. Tantôt, nous avons composé le jeu, tantôt nous l’avons brisé lorsqu’il s’attaquait à nos intêrets."
Revenant sur la question de la Méditerrannée orientale, il a indiqué: “Lorsque nos appels au dialogue sont restés sans réponse, nous avons réagi sur le terrain aux initiatives unilatérales."
"Nous avons montré à tout le monde qu'il n'est pas possible de faire quoi que ce soit malgré nous. Amis et ennemis ont vu de quoi la Turquie est capable. Cependant, notre réel souhait est que la Méditerrannée orientale devienne une zone de paix et de stabilité. En effet, nous poursuivons les travaux avec l’Union Européenne (UE) pour une conférence régionale multipartite, proposée par notre Président à l’UE.”
En outre, Cavusoglu s’est prononcé à propos des sanctions américaines CAATSA contre la Turquie, adoptée en réponse à l'achat des S-400 russes.
A ce sujet, le ministre a estimé qu’il s’agit d’une mauvaise décision politique s’attaquant à la souverraineté de la Turquie.
"Les Etats-Unis ont proposé à la Turquie de former un groupe de travail commun à cet égard", a-t-il annoncé. La Turquie a donné une réponse favorable aux Etats-Unis, a-t-il indiqué, soulignant que son pays se place toujours du côté du dialogue.
Enfin, Cavusoglu a commenté les relations de la Turquie et de l’Union Européenne en 2020.
Il est revenu sur certains sujets de crise rencontrés au cours de l’année, dont notamment avec la Grèce et l’Administration de Chypre du Sud. Par ailleurs, Cavusoglu a regretté le fait que la France ait porté ses tensions rencontrées avec la Turquie sur l’agenda de l’UE.
Cependant, le Sommet des Leaders de l’UE, qui s’est déroulé en décembre, a abouti à un résultat de bon sens.
"Les pays ayant compris l’importance des relations avec la Turquie et qui ont pris part du côté du dialogue et non de la tension, ont été plus nombreux. Evidemment, il y a des points avec lesquels nous sommes en désaccord dans la déclaration finale et nous en avons fait part. Nous sommes prêts à mener nos relations avec l'UE dans une atmosphère plus positive l'année prochaine. Nous attendons que l'UE le soit aussi",a-t-il conclu.
* Traduit du turc par Ayşe Betül Akçeşme