AA - Ankara - Nur Asena Gülsoy - Lorène Barillot
Le Premier ministre turc, qui est allé à la rencontre de ses partisans le 10 mars à Ağrı, ville frontalière avec l'Iran, dans le cadre de la campagne de son parti (AKP, Parti de la Justice et du Développement) pour les élections municipales, a mis en valeur les avancées démocratiques de la Turquie depuis 12 ans et a souligné la valeur de la politique de services.
Recep Tayyip Erdoğan a assuré que le gouvernement travaillait pour le progrès d'une Turquie unie et forte, malgré ceux qui essayaient d'empêcher ces travaux : " nous ne les laisserons pas tranformer le printemps en hiver, nous ne les laisserons pas mettre un terme à notre sérénité. Nous allons construire un aéroport à Hakkari (sud-est de la Turquie, proche de l'Iran et l'Irak, ndlr), l'organisation terroriste l'empêche. Mais nous allons le construire, qu'ils le veuillent ou non."
Le Premier ministre en campagne a mis l'accent sur les libertés acquises au cours de l'ouverture démocratique : "Si vous étiez venu à Ağrı il y a 12 ans, [...] et qu'on vous avait dit que tout le monde allait pouvoir parler, écrire et étudier dans sa langue maternelle, l'auriez-vous cru ? Si on vous avait dit qu'une éducation scolaire privée dans différentes langues et dialectes allait être possible, l'auriez-vous cru ? Si on vous avait dit que faire de la politique dans différentes langues allait être possible, l'auriez-vous cru? Si on avait dit qu'il y aurait, à la télévision, une diffusion de programmes en kurde 24 heures sur 24, l'auriez-vous cru ? Et bien voilà, nous, nous avons accompli tout cela. Mes frères, si on vous avait dit qu'un aéroport allait être construit à Ağrı, l'auriez-vous cru ? Nous, nous avons réussi. Nous avons transformé des rêves en réalité."
Précisant que le gouvernment ne s'était pas laissé abattre par l'attaque "ignoble" du 17 décembre, Erdoğan a déclaré : "la pire des corruptions, le plus grand vol, c'est le vol du volontarisme national. Ceux qui nous ont accusés de corruption et de pots-de-vin, sont en fait ceux qui ont effectué la plus grande corruption et le plus grand vol en voulant confisquer le volontarisme national. [...] Nous ne permettrons pas qu'ils usurpent le volontarisme de la nation."
Le Premier ministre a à nouveau insisté sur le fait que le gouvernement ne voulait pas d'un autre Etat, une "organisation parallèle" au sein de l'Etat. Il a conclu que le peuple allait donner la réponse qu'il fallait lors des prochaines élections, et a lancé à son audience : "allez-vous voter pour la politique de services, ou pour la politique d'idéologie ? Eux, ils font de la politique d'idéologie", en faisant allusion à ses adversaires.