Erdogan: "Nos coopérations multilatérales ne sont pas une alternative à nos fortes relations avec les États-Unis"
- "Si la CEDH souhaite être respectée par la Turquie, elle doit d'abord s'interroger sur ses propres contradictions", a encore déclaré le Chef de l'Etat turc, suite à la décision de la CEDH dans le dossier Selahattin Demirtas.

TBMM
AA / Ankara
Le Président de la République de la Turquie, Recep Tayyip Erdogan, a exprimé son souhait d’ouvrir une nouvelle page dans les relations avec Washington, soulignant que la politique multilatérale de la Turquie n’est pas une alternative aux riches relations bilatérales avec les États-Unis.
Le Chef de l’État turc a pris la parole, mercredi, lors de la réunion hebdomadaire du groupe AK Parti au Parlement turc.
Erdogan a d’abord souhaité réagir aux dernières déclarations du leader du principal parti d’opposition (CHP), Kemal Kilicdaroglu, proposant de "prélever des impôts aux trafiquants de drogues, aux trafiquants d’organes et autres agissements mafieux". "Il a complètement perdu le sens de son orientation", a-t-il lancé.
Le Président turc a aussi commenté les célébrations organisées par la municipalité d’Istanbul (CHP) pour la date anniversaire de la mort du philosophe Mevlana. Célébrations pendant lesquelles le Coran a été récité en turc.
"Il y a une volonté au sein du CHP de revenir aux agissements fascistes des années 40", a-t-il dénoncé.
Et de poursuivre : "Nous n'avons jamais, durant notre vie, interféré dans la vie de quelqu'un pour ses origines, sa croyance, sa culture, ou son mode de vie, et nous ne le ferons pas. Mais nous ne permettrons pas non plus que d'autres se mêlent de notre croyance, notre origine ou notre culture."
Le leader turc est ensuite revenu sur les questions de politique internationale.
Il a renouvelé ses attentes quant à l’ouverture d’une nouvelle ère avec les États-Unis et l’Union Européenne.
"Nous avons le souhait d'ouvrir une nouvelle page dans nos relations avec les États-Unis et l'UE avec l'arrivée de la nouvelle année", a-t-il déclaré.
Et d’ajouter : "Nos coopérations économiques, politiques et militaires multilatérales ne sont pas une alternative aux liens très ancrés que nous avons avec les États-Unis. Nous espérons que l'UE se débarrassera au plus vite de son aveuglement stratégique qui l'éloigne de la Turquie".
Avant de conclure, le Chef de l’État turc a réagi à la dernière décision de la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH), condamnant la Turquie pour la détention du politicien Selahattin Demirtas, et demandant sa libération.
Erdogan a d’abord relevé que contrairement à son fonctionnement habituel, la CEDH n’a pas attendu que tous les recours internes soient épuisés pour instruire la demande de Demirtas.
En plus de cette première critique, le Président turc a mis l’accent sur les contradictions entre ce jugement et ceux prononcés au sujet du parti Batasuna en Espagne.
"La décision de la CEDH concernant Selahattin Demirtas est ouvertement contradictoire avec son autre décision concernant Batasuna en Espagne", a-t-il affirmé, rappelant que dans le cas de Batasuna, la CEDH a trouvé que le simple fait de ne pas condamner la violence et le terrorisme est "condamnable pénalement". Alors que pour Demirtas, qui a été l’auteur d’appels à la violence en Turquie, la CEDH dit le contraire.
"Si la CEDH souhaite être respectée par la Turquie, elle doit d'abord s'interroger sur ses propres contradictions", a-t-il conclu.
* Traduit du turc par Tuncay Çakmak