Turquie

Erdogan: "La Turquie ne changera pas de position sur les F-35 et les S-400"

- C'est ce que le Président turc a assuré à son homologue américain Joe Biden lors de leur rencontre à Bruxelles

Ferdi Türkten   | 17.06.2021
Erdogan: "La Turquie ne changera pas de position sur les F-35 et les S-400"

Ankara

AA / Ankara

Le Président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdogan, a affirmé que son pays ne changera pas de position concernant les chasseurs F-35 et les systèmes de défense russes S-400.

C’est ce qu’Erdogan a indiqué à son homologue américain Joe Biden, lors de leur rencontre en marge du sommet de l’OTAN, réuni lundi à Bruxelles.

Le Chef de l’État turc a répondu aux questions des journalistes, jeudi lors de son voyage de retour de Bakou, la capitale de l’Azerbaïdjan où il effectuait une visite officielle depuis mardi.

Concernant sa rencontre avec le président américain, Erdogan a expliqué avoir dit à Biden qu’ils ne doivent pas attendre de la Turquie qu'elle agisse autrement au sujet des F-35 et des S-400, « car elle a fait son devoir au sujet des F-35".

Le chasseur F-35 est un avion de combat américain de nouvelle génération, un projet auquel a pris part la Turquie, avant d’être « exclue » suite à l’acquisition des systèmes de défense antiaérienne russes S-400, alors qu’Ankara avait versé sa part et produisait un certain nombre des pièces qui composent l’appareil.

Le Président turc a par ailleurs dénoncé le soutien de certains pays alliés à l’organisation terroriste YPG/PKK en Syrie, alors que celle-ci menace la sécurité et l’intégrité territoriale de la Turquie.

"Choisir une organisation terroriste qui attaque un pays allié, plutôt que de soutenir ce pays allié, est une erreur historique", a-t-il déclaré.

Et d’ajouter : "Ceux qui soutiennent et encouragent les organisations terroristes comprendront tôt ou tard qu'ils ont commis une grave erreur".

Concernant la décision américaine de se retirer d’Afghanistan, le président turc a rappelé la proposition d’Ankara de jouer un rôle plus important dans ce pays, notamment dans la protection de l’aéroport de Kaboul.

"Après le retrait des États-Unis d'Afghanistan, la Turquie peut endosser plus de responsabilités dans ce pays", a-t-il assuré.

- Coopération avec l’Azerbaïdjan :

Quant à son déplacement officiel en Azerbaïdjan, Erdogan s’est félicité du très bon niveau des relations avec ce pays voisin « frère ».

Il est pour autant convaincu que de nouvelles coopérations, notamment dans le domaine de l’énergie (gaz naturel et pétrole) sont envisageables, en particulier en Mer Noire et en Libye.

Sur la situation au Haut-Karabagh, le président turc a estimé que l’Arménie doit reconnaitre la réalité de la victoire de l’Azerbaïdjan.

"L'Arménie doit entreprendre des renforçant la confiance. Elle doit partager avec Bakou la carte des mines qu'elle a installées, ce serait un premier pas important", a-t-il déclaré.

Par ailleurs, Ankara et Bakou ont décidé d’ouvrir un corridor traversant le Karabagh, afin de faciliter les passages entre les deux pays, notamment par de futures voies ferrées.

"Concernant le Corridor de Zangézur, je ne pense pas que la Russie veuille retarder les choses, bien au contraire. Je vais bientôt m'entretenir avec Poutine", a-t-il indiqué pour conclure.

* Traduit du turc par Tuncay Çakmak

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