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Erdogan: "La Turquie dira "non" à l’adhésion de la Finlande et de la Suède à l’OTAN"

- "Nous menons une politique équilibrée envers l'Ukraine et la Russie, et dans ce cadre je n'ai absolument pas l'intention de couper mes liens avec MM Poutine et Zelensky", a par ailleurs déclaré le leader turc

Tuncay Çakmak   | 19.05.2022
Erdogan: "La Turquie dira "non" à l’adhésion de la Finlande et de la Suède à l’OTAN"

Ankara

AA / Ankara / Tuncay Çakmak

Le Président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdogan, a fait savoir que la Turquie dira "non" à l’adhésion de la Finlande et de la Suède à l’OTAN.

Le Chef de l’État turc a fait des déclarations, jeudi, concernant la demande d’adhésion formulée par la Finlande et la Suède auprès de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), en réponse à la menace russe grandissante dans la région et sa guerre en Ukraine. Il répondait aux questions des jeunes lors d’une rencontre organisée au sein de la Bibliothèque nationale d’Ankara.

Erdogan a rappelé la proximité claire et affichée de ces deux pays envers certaines organisations terroristes qui menacent la sécurité de la Turquie et des Turcs, en particulier le PKK.

"La Suède et la Finlande accueillent les organisations terroristes PKK et YPG, leur offrent des bureaux et affichent partout leurs torchons. Ils financent et fournissent des armes à ces groupes terroristes qui sévissent dans mon pays. Nous ne pouvons permettre que des terroristes soient représentés au sein de l’OTAN, organisation sécuritaire", a-t-il expliqué.

Le président turc a par ailleurs regretté que dans le passé, d’autres pays qui soutiennent des groupes terroristes ennemis de la Turquie, aient pu entrer dans l’OTAN.

"L’Allemagne, la Grèce … ont pu adhérer. La Grèce et la France l’ont quitté puis sont revenues. Malheureusement les gouvernements turcs de l’époque ont permis leur entrée. En conséquence, les États-Unis installent des bases militaires à Dedeagaç (Alexandroúpoli, en Grèce). Les terroristes de FETO (auteur de la tentative de coup d’état du 15 juillet 2016 en Turquie) se promènent tranquillement en Europe en passant par la Grèce. Nous leur donnons les noms des terroristes à extrader, mais ils les ignorent", a-t-il dénoncé.

Le président turc a indiqué que d’autres pays membres cherchent à discuter avec la Suède et la Finlande quant aux sensibilités et attentes de la Turquie.

"Pourquoi ferions-nous une nouvelle fois la même erreur, comme avec la Grèce ? La Finlande et la Suède nous jouerons de toute façon le même scénario", a-t-il insisté, soulignant son manque de confiance face aux éventuelles garanties qui pourraient être avancées.

Et de poursuivre : "Pour ces raisons, nous avons informé nos amis concernés que nous allions dire 'non' à l'adhésion de la Finlande et de la Suède à l'OTAN. Si un pays de l’Alliance s’y oppose, un pays tiers ne peut y adhérer".

Concernant la guerre engagée par la Russie contre l’Ukraine, le président turc a mis en avant les efforts diplomatiques de la Turquie pour trouver une solution durable au conflit.

"Nous menons une politique équilibrée envers l'Ukraine et la Russie, et dans ce cadre je n'ai absolument pas l'intention de couper mes liens avec MM Poutine et Zelensky", a-t-il insisté.

"Nous continuerons nos efforts auprès des dirigeants des deux pays pour empêcher une nouvelle guerre mondiale", a-t-il conclu, rappelant les liens forts entre la Turquie et ces deux pays.


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