Turquie

Erdogan dévoile un vaste programme de réformes pour faire de la Turquie l'une des 10 plus grandes économies du monde

- Parmi les nombreuses mesures annoncées par le Président turc, figure notamment l'exemption d'impôts pour près de 850 mille commerçants turcs aux faibles revenus.

Hatice Şenses Kurukız, Kaan Bozdoğan, Tuncay Çakmak   | 12.03.2021
Erdogan dévoile un vaste programme de réformes pour faire de la Turquie l'une des 10 plus grandes économies du monde

Istanbul

AA / Istanbul

Le Président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdogan, a dévoilé un vaste programme de réformes visant à renforcer l’économie de son pays, assurer une forte croissance dans les années à venir, tout en baissant l’inflation et garantissant une hausse des investissements étrangers.

Le Chef de l’État turc a fait une longue présentation, vendredi à Istanbul, pendant laquelle il a détaillé les différents objectifs et les nombreux points du « Paquet de réformes économiques ».

Le large programme annoncé par Erdogan peut se résumer en trois parties.

La première concerne les nouvelles mesures à prendre pour continuer à lutter contre les répercussions sur l’économie de la pandémie de Covid-19.

Le second chapitre concerne les mesures en faveur de la production, les exportations, la lutte contre l’inflation et l’arrivée d’investissements étrangers.

Le troisième concerne la modernisation et la numérisation des différents outils économiques et financiers, comme les monnaies numériques ou encore le système d’imposition.

Dans son introduction, le Président turc a assuré que "ce plan vise à accroitre l’économie turque en se basant sur les investissements, la production, l'emploi et les exportations".

Pour cela, la productivité va être renforcée pour ainsi augmenter le potentiel de la croissance économique.

L’objectif final étant d’inclure la Turquie dans les plus puissantes économies du monde :"Nous allons atteindre nos objectifs, en travaillant jour et nuit, et faire de la Turquie une des 10 plus grandes économies du monde".

Erdogan n’a pas manqué de rappeler que ce nouveau plan est dans la lignée de ce qui a été déjà fait ces dernières années, après l’arrivée au pouvoir du Parti de la Justice et du Développement (AK Parti).

"Nous avons institutionnalisé la stabilité politique, une des conditions principales du développement démocratique et économique", a-t-il affirmé.

Il est ensuite revenu sur les conséquences de l’épidémie de nouveau coronavirus. Il a mis en avant la très bonne gestion de la crise par la Turquie.

"La Turquie, malgré la crise régionale et mondiale, préserve sa force", a-t-il assuré.

"La pandémie de coronavirus, qui a touché le monde entier, a été l'occasion de tester la solidité des infrastructures réalisées ces 18 dernières années, et de notre mode de gestion. Que ce soit en matière de santé, de production, ou de solidarité sociale, nous avons passé ce test avec succès", s’est-il ensuite félicité.

Il a aussi rappelé les bons chiffres de la croissance turque en 2020, un des rares pays du G20 ayant eu une croissance positive l’an passé : "Malgré la pandémie, avec sa capacité à agir vite et à répondre aux nouveaux défis, la Turquie a terminé 2020 avec une croissance de +1,8%, seul autre pays du G20 après la Chine à réaliser cette performance".

"Notre premier domaine de réformes concerne la création d'une structure financière publique bien plus résistante aux risques", a déclaré le Président turc, faisant référence aux situations comme celle engendrée par la pandémie.

"Nos réformes économiques comportent aussi une exemption de taxes en faveur des petits commerçants", a-t-il affirmé.

L’une de ses principales annonces, concerne donc les petites entreprises et commerçants, très lourdement touchés par les conséquences de la crise sanitaire, la majorité n’ayant pas pu exercer pendant des mois en raison des restrictions et des confinements.

"Nous exemptons des impôts sur le revenu, et de l'obligation de déclarations, près de 850 mille petits commerçants (coiffeurs, plombiers, menuisiers, tailleurs, réparateurs ...) », a-t-il annoncé.

Il a également indiqué que les déclarations comptables se feront en ligne, facilitant les procédures, et garantissant une moindre fuite des impôts.

"Nous mettons en place un Département digital des impôts [en ligne], ouvert 7j/7 et 24h/24", a-t-il ainsi annoncé.

La réduction des frais du secteur public est un autre des principaux objectifs de ce plan de réformes.

"Nous limitons les frais du secteur public comme l'achat de véhicules, les locations et les frais de représentation", a-t-il notamment dit.

L’endettement a aussi fait l’objet d’une attention toute particulière.

Le Président turc veut réduire la place des devises étrangères dans l’endettement de son pays et de ses concitoyens.

"Pour minimiser la sensibilité de nos stocks de dettes face aux chocs extérieurs, nous limitons la part des dettes en devises étrangères dans notre dette totale".

Et d’ajouter : "Nous allons encourager et élargir l'endettement en Lire Turque (TL)".

Par ailleurs, les appels d’offres du secteur public se feront dorénavant en ligne, pour plus de transparence.

La lutte contre l’inflation est une autre des priorités du gouvernement turc.

"La lutte contre l'inflation est une de nos priorités. Notre objectif est d'atteindre un taux faible à un seul chiffre", a rappelé Erdogan.

Le Président turc a annoncé, dans ce sens, un certain nombre de mesures techniques visant à contrôler la hausse des prix, en particulier dans les produits alimentaires et agricoles.

Erdogan a ensuite a listé des réformes visant à optimiser la stabilité financière de la Turquie.

Des mesures ayant pour but de renforcer la solidité des banques et institutions financières vont ainsi être mises en place.

"Nous créons un mécanisme d'arbitrage financier participatif aux standards internationaux", a-t-il encore annoncé.

Et de poursuivre : "Nous prenons des mesures pour fonder l'infrastructure économique, technologique et juridique des monnaies numériques".

La production industrielle, la productivité et l’exportation ont aussi été évoqués par Erdogan.

"Nous allons mettre en place des réformes pour renforcer les capacités de production et la compétitivité de notre industrie", a-t-il par exemple dit.

Mais aussi : « Pour faciliter l'exportation rapide et la commercialisation à moindre prix de nos produits, nous créons des centres logistiques à l'étranger".

En ce qui concerne les réformes administratives et politiques, Erdogan a entre autres annoncé que " les prérogatives du Parlement sur le budget vont être élargies, en renforçant la transparence et le contrôle".

Pour conclure, le Président turc a exprimé sa foi quant à la capacité de ce programme d’atteindre les objectifs fixés.

Et de terminer : "Ce programme de réformes économiques, comme le Plan d'Actions pour les Droits de l'Homme, annoncé la semaine passée, sont des mesures qui vont nous permettre d'atteindre plus facilement nos objectifs".

* Traduit du turc par Tuncay Çakmak

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