Ankara - AA - Iskin Naz Altinsoy - Lorène Barillot
Le Ministère des Affaires étrangères de la République de Turquie a fait un commentaire en demi-teinte, dans la soirée du 12 mars, en publiant une déclaration écrite, du rapport de suivi sur la Turquie voté par le Parlement de l'Union européenne (UE) quelques heures avant.
"Nous avons accuilli avec satisfaction le rapport rédigé par la députée démocrate-chrétienne néerlandaise Ria Oomen-Ruijten cette année, qui présente la Turquie en tant que partenaire stratégique de l'UE de par son économie, sa position stratégique et son importance dans la région et confirmant son importance économique pour l'UE", s'est félicité le Ministère.
"Cependant, le rapport montre que le Parlement Européen (PE) ne peut toujours pas se défaire de son approche biaisée sur Chypre", a regretté le Ministère. Il a affirmé que malgré le regain d’optimisme dû à la reprise des négociations pour une réunification de l’île, débutée grâce à la volonté de Chypre du Nord et le soutien actif de la Turquie, le PE était loin de saisir le climat de paix et de coopération sur l’île et d’y contribuer.
"De l'autre côté, nous sommes déçus de voir que les institutions européennes n'ont pas entièrement compris les événements de 'Gezi' et les travaux concernant la séparation des pouvoirs et l'indépendance de la justice qui s'en sont suivis", a indiqué Ankara.
"Dans le cadre du principe 'pacta sunt servanda' ('les conventions doivent être respectées', ndlr), nous allons revendiquer nos droits acquis lors du processus d'adhésion et nous allons continuer à fournir nos efforts avec détermination en vue d'une adhésion complète", a assuré le Ministère des Affaires étrangères dans sa déclaration.
Le PE avait aussi partagé, avec l'adoption d'un amendement, son inquiétude concernant "le discours du Premier ministre turc sur un éventuel blocage de Facebook et Youtube par la loi renforçant le contrôle d'internet" dans son rapport.
"Ces rapports rendus par l'UE doivent être justes et objectifs pour pouvoir aboutir aux objectifs fixés par l'UE concernant les pays candidats à l'adhésion", explique le Ministère dans sa déclaration. Ankara affirme aussi qu'en plus de profiter à la Turquie et à l'UE, les progrès dans la voie d'adhésion profiteraient à l'ensemble de la région et que la Turquie continuait avec cette conviction à fournir des efforts avec détermination, privilégiant le dialogue et la coopération avec l'UE.
Le Ministère a rappelé que dans les rapport de suivi en question, les institutions européennes publiaient régulièrement les progrès effectués par les pays candidats à l'UE.