Sinan Uslu,Tuncay Çakmak
03 Mai 2017•Mise à jour: 03 Mai 2017
AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Le Président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdogan, a déclaré, mercredi, que la Russie et la Turquie doivent supprimer les obstacles bureaucratiques qui pourraient se dresser devant l’objectif fixé de 100 milliards de dollars d’échanges économiques entre les deux pays.
Cette déclaration a été faite avant le départ d'Erdogan pour la ville de Sotchi en Russie, où il se réunira avec son homologue russe Vladimir Poutine.
Le chef de l'Etat a rappelé que les relations bilatérales, notamment économiques et commerciales, et les questions régionales, tout particulièrement la situation en Syrie, seront les principaux sujets que les deux leaders vont traiter lors de leur rencontre.
Le Président turc a souligné le fait qu’après la crise diplomatique qui a éclaté entre les deux pays en novembre 2015, à la suite de l’incident de l’avion russe abattu, les relations économiques entre Ankara et Moscou se sont nettement dégradées, notamment à cause des restrictions imposées par Moscou.
"Nous voulons atteindre le volume de 100 milliards de dollars d’échanges. Après cet incident, nous avons connu un sérieux recul. Nous voulons désormais retrouver notre niveau d’avant novembre 2015 et le porter encore plus loin", a-t-il expliqué.
"Des avancées positives ont été enregistrées dans les secteurs de la diplomatie, du commerce, de l’économie, de la culture et du tourisme. Nous donnons aussi beaucoup d’importance au secteur stratégique de l’énergie. Notre coopération dans ce secteur se développe. Le projet de gazoduc Turkish Stream avance et la centrale nucléaire d’Akkuyu devrait entrer en service en 2023. Notre objectif est de réduire la durée des travaux pour que ces projets soient effectifs bien avant les dates prévues", a-t-il indiqué.
Cependant, le Président turc a souligné le fait que certaines restrictions russes demeurent et qu’elles sont un obstacle au renforcement de ces échanges.
"Ni la Turquie, ni la Russie, n'ont une seconde à perdre à cause de la bureaucratie. Si nous voulons atteindre notre objectif de 100 milliards de dollars d'échanges commerciaux, nous devons ensemble travailler pour surmonter les obstacles qui se dressent devant cet objectif", a-t-il affirmé, ajoutant que la levée des visas russes pour les citoyens turcs est un autre sujet qui doit être réglé.
L’autre sujet brûlant de la rencontre entre Erdogan et Poutine sera la guerre en Syrie.
"Nous coopérons de manière plutôt efficace concernant la Syrie. Nous avons pris ensemble des initiatives qui ont fait renaître l’espoir d’une solution politique. Notre objectif commun est de mettre fin à l’écoulement du sang et de permettre une solution politique qui préservera l’unité territoriale de la Syrie. Les pays influents en Syrie doivent prendre leurs responsabilités mais le plus important dans ce dossier, c’est la position de la Turquie, qui partage 911 km de frontières avec la Syrie", a-t-il déclaré.
Le Président turc a ajouté qu’il faut définitivement mettre fin aux massacres perpétrés dans ce pays.
Erdogan a ensuite répondu aux questions des journalistes concernant l’actualité politique turque.
Il a d’abord fait savoir qu’un remaniement ministériel n’est pas à l’ordre du jour du gouvernement.
Concernant son retour au sein du Parti de la Justice et du Développement (AK Parti), le président turc a mentionné la possibilité de restructurer le parti, ses instances dirigeantes et ses structures régionales, si les membres du parti décident de l’élire à la tête du parti lors du congrès extraordinaire qui se tiendra le 21 mai courant.
Pour finir, il a souhaité mettre fin aux informations selon lesquelles, Abdullah Gul, ancien Président de la République et ami de longue date, pourrait être le candidat de l’opposition lors de la présidentielle de novembre 2019.
"Je trouve inutile de commenter ces affirmations. Il s’agit purement et simplement d’un projet visant à insérer un virus dans nos rangs. Monsieur Baykal (député d’opposition) devrait plutôt s’occuper de ses propres affaires", a-t-il lancé.