Sanaa Ou Amir Ahamada
09 Mai 2026•Mise à jour: 09 Mai 2026
AA/Istanbul/Sanaa Amir
Les cryptomonnaies s’installent progressivement dans le paysage bancaire français, poussant les établissements traditionnels à élargir leurs offres afin de répondre à une demande croissante des particuliers pour ces actifs numériques, rapporte BFMTV.
D’après un baromètre de l’Adan (association pour le développement des actifs numériques) 2026, environ un Français sur trois se dit « ouvert à l’idée d’acquérir » des crypto-actifs, tandis que 11% de la population déclare en posséder.
Dans ce contexte, des banques comme BNP Paribas, la Caisse d’Épargne ou la Banque Populaire (groupe BPCE) développent de nouvelles offres liées au Bitcoin ou à l’Ether, aux côtés de néo-banques déjà positionnées sur ce marché.
Deux modèles se dessinent : BPCE propose un accès direct via sa filiale Hexarq permettant l’achat et la détention de cryptomonnaies, tandis que BNP Paribas privilégie des produits financiers de type ETN, répliquant les cours sans détention directe des actifs.
Les établissements mettent en avant un encadrement strict des risques, notamment via la réglementation européenne MiFiD, tout en soulignant l’absence de conseil en investissement.
Le Bitcoin, après avoir atteint un record de 125.000 dollars, a connu une forte volatilité, tombant jusqu’à environ 60.000 dollars avant de fluctuer autour de 80.000 dollars.
Au-delà de la demande des clients, les banques évoquent également un enjeu d’image et de modernisation, lié au développement de la blockchain. Un consortium bancaire européen, incluant BNP Paribas, prépare par ailleurs le lancement d’un stablecoin adossé à l’euro prévu pour 2026.
Les cryptomonnaies et leur encadrement en France
Selon un article publié en octobre dernier par le ministère français de l’Économie, les cryptomonnaies sont des monnaies numériques reposant sur un protocole informatique crypté et décentralisé, connu sous le nom de « blockchain ».
Ce système permet de valider, sécuriser et enregistrer des transactions entre utilisateurs sans recours à un intermédiaire bancaire. Parmi les principaux actifs numériques en circulation figurent notamment le Bitcoin, l’Ethereum ou encore Solana.
Ces crypto-actifs se distinguent des monnaies traditionnelles, dites « fiat » (euro, dollar), par leur existence exclusivement numérique, l’absence de cours légal, leur forte volatilité ainsi que leur fonctionnement décentralisé, sans contrôle d’une banque centrale.
Sur le plan réglementaire et fiscal, l’ouverture d’un compte crypto auprès d’une plateforme agréée en France n’impose pas de déclaration à l’administration fiscale tant qu’aucune transaction n’est réalisée.
En revanche, de nombreuses plateformes étant établies à l’étranger, les utilisateurs concernés disposent alors de comptes hors du territoire national, soumis à obligation déclarative. Ceux-ci doivent être signalés lors de la déclaration annuelle de revenus via les formulaires 3916 et 3916bis.
Chaque compte doit faire l’objet d’une déclaration distincte, sous peine d’une amende pouvant atteindre 750 euros par compte non déclaré. Les autorités invitent également les contribuables à vérifier la situation des membres de leur foyer fiscal disposant de comptes crypto à l’étranger.