AA / Ankara / Ayşe Sarıoğlu
La Russie souhaite emprunter le couloir aérien survolant la mer caspienne, l’Iran et l’Irak en vue d’acheminer ses aides militaires au régime syrien après les refus de certains pays des Balkans et de la Turquie d’ouvrir leur espace aérien àaux opération d'envoi d'armes au régime d’al-Assad.
La Russie offre des aides militaires au régime syrien depuis une longue période avec l’envoi d’experts militaires. Moscou reconnait officiellement cette aide et estime qu’elle ne contredit pas les dispositions du droit international.
Les navires russes, aussi bien commerciaux que militaires, qui démarrent de la Mer noire, accostent au port syrien de Tartous sur la Méditerranée.
Il semble que la Russie fera face à de multiples entraves après le rejet par des responsables bulgares, mardi, du survol de son espace aérien par les avions russes, soupçonnés d’être chargés d’équipements militaires à destination de la Syrie.
Les responsables de Sofia ont atténué leur rejet, mercredi, en indiquant, à la suite des pressions exercées par Moscou, qu’ils autoriseraient les avions russes de passer après une fouille.
Selon les médias grecs, les Etats Unis avaient demandé à Athènes, le 5 août dernier, d’entraver le passage des avions russes, dont la charge est suspecte. Les gouvernements grec et américain ont, de leur côté, évité de commenter cette information.
Le vice-ministre russe des Affaires étrangères Serguei Ribakov a considéré que les entraves faites par la Bulgarie et la Grèce sont la résultante des «pressions exercées aussi bien par Washington que par l’Union européenne».
Commentant ce point, Massoud Hakki Jachin, professeur turc des relations internationales a indiqué que «la Bulgarie est en mesure de fermer son espace aérien étant un Etat souverain».
Il a ajouté que «ce n’est pas seulement l’UE mais également l'OTAN qui interviendra en exerçant des pressions sur la Grèce en vue de bloquer son espace aérien aux avions russes».
L’agence de presse russe (Itar Tass, officiel) avait rapporté, mercredi, que l’Iran a autorisé aux avions russes de survoler son espace aérien, en se basant sur des déclarations faites par des diplomates russes en poste à Téhéran.
En dépit de cet accord, la Russie doit convaincre Bagdad de permettre le survol par ses appareils de l’escape aérien irakien.
Un mystère enveloppe, néanmoins, la position du Premier ministre irakien Haydar Abadi à ce sujet, tiraillé entre les demandes du tandem Russie-Iran d’une part et celles des Etats Unis d’autre part.
Abadi sera mis à rude épreuve pour arrêter sa position, d’autant plus qu’il est préoccupé actuellement par le dossier des réformes des institutions de l’Etat et celui de la lutte contre le terrorisme de Daech.
Jachin a, d’autre part, estimé que la Russie doit prendre en considération la possibilité d’affrontement avec les Etats Unis en cas d’envoi d’équipements militaires vers la Syrie par voie aérienne via l’Irak.
«Les avions de la coalition internationale conduite par Washington contre Daech continuent à survoler le ciel irakien. Y aura-t-il un affrontement avec la Russie ? Personne ne le sait», a-t-il encore dit.
A son tour, l’expert en stratégie et en relations internationales, Mesut Olker, a relevé que la Russie ne dispose pas, au vu des impératifs de la situation, de multiples solutions.
«Le couloir aérien le plus approprié demeure celui de l’Iran et de l’Irak en décollant à partir de la Mer caspienne. L’Irak subira, dans ce cas, une grande pression de la part de l’Administration américaine», a-t-il conclu.